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Des sols contaminés dont le Conseil ignorait l'existence

Branle-bas de combat à la mairie de Verdun, dont le Service des communications a été littéralement pris d’assaut par les médias montréalais en quête d’information sur la présence de sols contaminés en bordure du fleuve.

Consterné par les révélations sur l’existence d’un dépôt de terres contaminées près de la piste de danse et des berges du fleuve, le maire de l’arrondissement Verdun Jean-François Parenteau affirme que la nouvelle équipe d’élus au Conseil a pris connaissance de la situation, il y a à peine deux semaines.

Après enquête, on a découvert que l’entreposage de ces terres contaminées à la créosote avait eu lieu l’automne dernier sous l’administration précédente. Des travaux de réfection du boulevard LaSalle ont amené l’entrepreneur à déplacer près de 1500 tonnes de terre jugée contaminée en raison de la forte odeur d’huile qu’elle dégageait. Cette terre a été entreposée sur le site de l’ancien dépôt de neige en attendant que l’arrondissement confie à une firme spécialisée, son élimination. Le geste avait pour but d’épargner de l’argent en évitant à l’entrepreneur de devoir éliminer ces terres contaminées, retardant ainsi les travaux de réfection du boulevard. Une toile étanche avait été installée sous le tas de terre afin d’éviter le ruissellement des produits toxiques dans l’environnement, toutefois cette toile est maintenant en lambeaux car elle n’a pas résisté à l’hiver.

Rappelons que la créosote était jadis utilisée pour imperméabiliser le bois et l’empêcher de pourrir, jusqu’au jour où on a découvert que ce produit extrait de goudrons de bois ou de charbon ou d’une plante était cancérigène.

Confronté aux questions des journalistes, le maire Jean-François Parenteau a d’abord dénoncé ce qui apparaît comme un reliquat de l’ancienne administration. «Je m’engage, a-t-il dit, à restaurer l’ancien site du dépôt à neige et changer pour de bon les pratiques d’entreposage de l’arrondissement». Rassurant pour ses concitoyens, le maire a précisé: «Les terres entreposées ne contiennent qu’une fraction de créosote et ce produit n’est ni volatil ni soluble dans l’eau, de sorte que les risques pour la santé et les impacts sur l’environnement sont faibles». «De plus a-t-il ajouté, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs est avisé et nous transmettra, s’il y a lieu, des recommandations suite à une inspection plus approfondie du site ».

Qu’en pense l’Opposition?

Le commentaire des trois conseillers de Projet-Montréal ne s’est pas fait attendre. «Cette situation est absolument inacceptable. Nous devons dès maintenant prendre les moyens nécessaires pour limiter les dégâts et éviter qu’une telle situation se reproduise», a affirmé Sterling Downey, conseiller de ville de Desmarchais-Crawford tandis que son collègue conseiller d’arrondissement, Luc Gagnon réclamait une enquête du ministère dans cette affaire. Pour sa part, Marie-Andrée Mauger, conseillère d’arrondissement de Desmarchais-Crawford, responsable du dossier de l’environnement a réclamé immédiatement l’installation d’une clôture afin d’isoler les substances toxiques jusqu’à ce que les dépôts puissent être retirés à la fin de la période de dégel, un avis partagé par le maire Parenteau qui a transmis l’ordre à ses fonctionnaires.

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