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Pourquoi densifier un arrondissement déjà très dense?… se demandent des citoyens

Il y a un an, presque jour pour jour, des résidents de Verdun rejetaient deux des trois projets domiciliaires endossés par l’arrondissement. À l’invitation des autorités locales, les citoyens se retrouvaient en assemblée de consultation cette année pour discuter de densification de l’habitat résidentiel dans le quartier Champlain-Île-des-Soeurs, le soir du 20 juin dernier.

On a d’abord planté le décor, le lundi 11 juin, en expliquant en quoi consistait la densification et ce qui incitait le conseil d’arrondissement à promouvoir cette orientation pour Verdun. Les participants avaient neuf jours pour rédiger un mémoire ou préparer des questions. Verbalement ou par écrit, huit intervenants ont pris la parole, exprimant tour à tour leur scepticisme et leur appréhension de voir surgir des projets ne répondant pas aux besoins des familles du quartier, et qui dérangeraient le voisinage par un surplus d’autos et de pollution.

Deux représentants du parti Projet-Montréal-Verdun, Charles Côté et Françoise Gloutnay ont insisté sur le niveau élevé de densité dans le centre-ville de l’arrondissement. On parle de 113 logements à l’hectare alors que 80 semble un chiffre acceptable mais élevé, et 60 logements à l’hectare, le nombre idéal. Charles Côté s’est demandé pour quoi on revient sur le sujet tandis que Madame Gloutnay disait craindre que les adaptations et infrastructures nécessaires à la densification ne suivent pas le rythme de la construction. «Le problème du nombre supplémentaire d’autos, la diminution de la qualité de l’air et les îlots de chaleur sont autant d’inconvénients à prévoir», a rappelé Françoise Gloutnay.

Simon Doucet et sa conjointe, des gens qui ont choisi de venir s’installer à Verdun, ne sont pas contre la diversification en soi, mais celle-ci ne devrait pas être un objectif selon eux. En fait, plutôt que 500 mètres, M. Doucet estime à 1000 mètres le rayon servant de référence autour des stations de métro. Selon lui, la densification devrait relever d’un plan global et couvrir les deux quartiers de la terre ferme avec un volet de développement durable incluant une navette de la STM entre l’est et l’ouest de Verdun. «Du quatre étages maximum», a-t-il ajouté.

Sur un ton plus humoristique, Lise Lacombe s’est inquiétée du nombre de dérogations autorisant la conversion en condos. «On aura des hypothéqués vs des assistés dans Verdun», s’est exclamée la dame.

Réjean Turbide de la rue Gordon, qui a participé à la lutte contre le projet domiciliaire sur l’emplacement de CKVL, l’an dernier, s’inquiète pour le stationnement en face de CKVL, se demandant s’il devra combattre aussi ce projet. «Il nous faut des logements pour les familles, a-t-il dit, vous vous arrangez pour que les familles déménagent en banlieue, y aura-t-il encore des enfants à Verdun?», s’est interrogé ce résidant de la rue Gordon.

L’historien Gilles Laberge a estimé, pour sa part, qu’on pouvait intégrer des six étages tout en considérant l’importance de créer des liens entre voisins et développer un sentiment d’appartenance.

Pour André Julien du parti Vision-Montréal, «il faut protéger le patrimoine bâti et réserver 20% en espace vert dans tous ces projets». André Julien s’inquiète des dispositions du projet de loi 47 qui concède des zones franches exemptes d’approbation des résidents pour des projets immobiliers à proximité du métro.

L’urbaniste Benoit Mallette et la conseillère d’arrondissement Ann Guy ont écouté les suggestions et les commentaires des intervenants qui seront étudiés plus attentivement par les membres du Comité au cours de l’été. On s’attend à reprendre la discussion en septembre.

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