La chef péquiste se confie au Messager
La visite de la caravane de Pauline Marois à Verdun, dimanche dernier, n’est pas étrangère aux évaluations des stratèges péquistes et à leurs sondages internes.
La lutte est serrée, mais Verdun est une circonscription à prendre selon la chef péquiste. La bataille de Verdun s’annonce donc ardue, mais Pauline Marois a exprimé toute sa confiance en Thierry St-Cyr, «un candidat d’expérience», dans sa courte allocution devant les militants verdunois.
Le cortège formé de la chef du PQ et du candidat St-Cyr, entourés d’une escorte médiatique et de plusieurs dizaines de sympathisants, s’est mis en branle, attirant sur son passage une foule de curieux. Malgré son horaire chargé, Pauline Marois a trouvé quelques minutes à la fin de son périple verdunois pour échanger avec le journaliste du Messager, en particulier sur les problèmes de logement, un thème que la chef du PQ avait abordé en matinée avec les élus municipaux de l’arrondissement du Sud-Ouest. Consciente des listes d’attentes et de la pénurie grandissante de logements sociaux, Pauline Marois s’engage «à investir 35 millions de dollars supplémentaires par année sur cinq ans dans le programme AccèsLogis Québec pour offrir de meilleures conditions de logement aux familles québécoises». Le budget d’AccèsLogis grimpera donc à 210 M$ par année.
Sans pouvoir préciser le nombre d’unités de logements communautaires dont Verdun héritera dans le programme, Madame Marois insiste sur la construction de 15 000 unités, soit 3000 par année sur cinq ans. Visiblement très préoccupée des retards dans la mise en chantier de nombreux projets depuis plusieurs années, la chef du PQ constate que «les groupes de ressources techniques (GRT) sont incapables de planifier pour les cinq prochaines années». En fait, ces GRT élaborent les plans et coordonnent la réalisation de projets d’habitation communautaire et de coopératives; sauf qu’il y a tellement de facteurs aléatoires, comme la disponibilité des terrains et les subventions, que certains projets n’aboutissent même pas.
«Améliorer la qualité de vie de nos concitoyens, c’est essentiel», affirme avec insistance Madame Marois qui veut continuer à soutenir le Fonds de lutte à la pauvreté ou son équivalent dans les prochaines années. La chef du Parti québécois s’est ensuite empressée d’insister sur l’importance de sortir les enfants de la misère en offrant partout, selon les besoins, des «maternelles 4 ans» dans les écoles.
Parlant de sa rencontre imprévue avec le député sortant et candidat libéral Henri-François Gautrin, sur la rue Wellington, Pauline Marois a confié «qu’elle appréciait beaucoup Monsieur Gautrin, mais qu’il aurait mieux fait de prendre sa retraite plutôt que d’entreprendre une nouvelle campagne électorale»…
Sans promettre de ministère à son candidat Thierry St-Cyr, avec toute la prudence d’un chef de parti, Pauline Marois a tout de même dit à des militants verdunois qui vantaient leur candidat à la sortie du local électoral, qu’elle ne l’oublierait pas au lendemain des élections.