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Y a-t-il trop de condos en chantier à L'Île-des-Sœurs?

Une étude publiée le 10 juillet dernier et effectuée par le Mouvement Desjardins sur le marché de la copropriété au Québec laisse entendre que l’offre de condos neufs à L’Île-des-Sœurs et au centre-ville de Montréal serait excédentaire.

Alors que les résultats de cette étude sur le marché de la copropriété sont rassurants dans l’ensemble, celle-ci révèle que «l’essor de la construction neuve suscite toutefois des inquiétudes quant à la capacité du marché à absorber les nouvelles unités». Cette problématique affecterait quelques endroits au Québec, dont L’Île-des-Sœurs et le centre-ville, certains signes démontrant que la construction y est déjà excédentaire. En effet, «la durée de l’offre», qui prend en considération le temps nécessaire pour vendre les condos terminés ainsi que la moitié de ceux qui sont en construction, est supérieure à la moyenne montréalaise pour les secteurs du centre-ville de Montréal et de L’Île-des-Sœurs.

«En général, on constate, en se fiant aux données, que la moyenne historique de la durée de l’offre pour Montréal est de 8 à 10 mois, alors que ce chiffre grimpe à 17 mois pour L’Île-des-Sœurs et le centre-ville», explique Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins qui a dirigé cette étude. «Cette situation se présente quand les unités sont très nombreuses et la demande n’est pas assez importante; ce qui représente un danger.»

Ainsi, une certaine accalmie du côté de la mise en chantier serait nécessaire pour permettre au marché de faciliter l’écoulement de plusieurs nouveaux projets.

Toutefois, selon Mme Bégin, certain promoteurs pourraient voir la situation d’un autre œil, et faire complètement l’opposé.

«Dans certains cas, si le marché commence à ralentir, on voit une véritable course contre la montre du côté des promoteurs, dit-elle. Ces derniers vont essayer de se dépêcher à faire de nouveaux projets pour attraper la fin de la vague au lieu de ralentir le rythme.»

Le spectre des années 90

Selon le Mouvement Desjardins, le récent boom de la construction de condominiums neufs rappellerait celui de la fin des années 80 et du début des années 90. Alors que la construction de nouveaux projets dépassait nettement la demande, la récession n’a fait qu’empirer la situation, avec un taux de chômage élevé et l’augmentation des taux d’intérêt hypothécaires à 15%, faisant fuir les acheteurs potentiels. Ainsi, les promoteurs se sont retrouvés avec un surplus d’unités à écouler, cette situation créant une longue période de stagnation des prix des copropriétés.

Bien que la situation générale ne soit pas aussi alarmante présentement, l’étude concluant que «les signes de profonds déséquilibres du marché de la copropriété sont peu présents au Québec», Mme Bégin croit qu’il faut rester vigilants afin que ne se reproduise le même phénomène qu’en 1990.

«La situation n’est pas tout à fait la même, mais avec l’économie mondiale, comme on peut le voir avec ce qui se déroule partout dans le monde et surtout en Europe, nous ne sommes pas totalement à l’abri», dit-elle, rappelant que le marché a pris plus de 10 ans à se relever après la récession des années 90.

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