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La chasse aux loyers est entamée

Alcaraz-Robinson Stéphanie - TC Media
La saison de la chasse au logement débute et on doit s’apprêter à débourser une coquette somme si on désire louer un appartement à l’Île-des-Sœurs, alors que sur la terre ferme, à Verdun, les loyers se situent dans la moyenne de Montréal. Une différence qui fait en sorte qu’un 4 ½ sur la terre ferme peut facilement valoir le double à l’île.

Il suffit de jeter un coup d’œil sur les sites spécialisés, tels que Kijiji ou Lespac, pour constater la grande disparité des prix. Vittoria Tassone, présidente et franchisée et courtière immobilière chez Century 21 à l’Île-des-Sœurs connait bien les deux territoires qui ne devraient pas être comparés, selon elle.

«C’est difficile de comparer les deux. On ne parle pas toujours de la même qualité». La clientèle recherchée à l’Île-des-Sœurs est également différente. Les parcs immobiliers sont également plus jeunes. «C’est récent l’Île-des-Sœurs», poursuit-elle. «Les matériaux utilisés sont différents, le lieu, l’espace… À Verdun, c’est un cachet qui ressemble plus à un Vieux-Montréal abordable. C’est deux marchés différents»!

Le loyer le plus élevé de la métropole

Selon les données retrouvées dans le Rapport sur le marché locatif de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal de 2013, document annuel diffusé par la Société Canadienne d’hypothèques et de logements (SCHL), «le loyer moyen des appartements de deux chambres était de 730$. Le niveau le plus élevé a été enregistré au centre-ville de Montréal et sur l’île des Sœurs (1399$)».

Toujours selon le rapport de la SCHL, c’est à l’Île-des-Sœurs où l’on retrouverait le plus de copropriétés offertes en location – conjointement avec le centre-ville – avec près de «22% du parc de copropriétés offertes en location, un pourcentage presque deux fois plus haut que la moyenne de la RMR (12%)».

Pour Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, le prix élevé des loyers à l’Île-des-Sœurs dépend de plusieurs facteurs. L’offre et la demande, en est un. «Plus il y a de demandes, plus les prix augmentent». Les immeubles et services sont également pris en compte.

«Les logements sont en meilleur état», soutient-il. «Les locataires peuvent avoir accès à un gym ou une piscine, par exemple. S’il y a des services, il y a des coûts. Le coût se transfère sur le loyer, tout comme les taxes foncières et le coût des dépenses.»

À Verdun, on compte une grande part de petits logements locatifs. «C’est souvent des triplex ou des duplex habités par le propriétaire. Il y a beaucoup moins de roulement et le loyer accuse un énorme retard dans ces cas-là, indique M. Brouillette. Les propriétaires occupants ne peuvent pas et ne font pas de calculs véritables pour établir la rentabilité de l’investissement. Les propriétaires préfèrent garder leurs locataires et ne pas avoir de trouble.»

«Par contre, ils n’ont pas à subventionner les logements! (…) On arrive à un point assez critique où la survie des immeubles – surtout les petits, car leur précarité est évidente – où l’avenir est incertain. Le parc est vieillissant et on doit injecter des milliards de dollars. Le parc immobilier, comme pour les parcs HLM ou les infrastructures routières, a un cycle de vie qui arrive à un point critique», soutient-il.

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