Art de vivre
10:57 10 mars 2021 | mise à jour le: 10 mars 2021 à 18:45 temps de lecture: 4 minutes

OLAOLA: une entreprise locale à la rescousse du gaspillage alimentaire

OLAOLA: une entreprise locale à la rescousse du gaspillage alimentaire
Photo: Katrine DesautelsJonathan Tassi.

L’entreprise OLAOLA, lancée par un résident de Verdun, Jonathan Tassi, utilise des fruits et légumes destinés à être jetés afin de les «sauver» du gaspillage alimentaire en créant des smoothies et des barres glacées maison. Des bacs de produits en vracs sont aussi distribués dans plusieurs commerces afin d’éviter le gaspillage alimentaire.

Originaire de France, M. Tassi a créé l’entreprise dans son pays natal. Sa compagnie saisonnière vendait notamment des glaces, des smoothies et des beignets sur les plages de la méditerranée. C’est là que l’entrepreneur a développé son côté «écolo».

«La première fois que j’ai travaillé avec OLAOLA, j’étais pied nu au bord de la plage. Déjà, j’avais un contact avec l’environnement assez proche», explique le jeune entrepreneur. Il était toutefois dégouté de voir des détritus au bord de l’eau.

Arrivé à Verdun il y a deux ans, il voulait se lancer en affaires avec un produit qui respecte ses valeurs. Il a alors créé «Le smoothie à croquer», une barre faite uniquement de fruits et légumes.

Cette barre glacée fait maintenant partie des produits de OLAOLA, avec des smoothies et jus pressés. «Nos concurrents les plus proches vont rajouter de l’eau ou du sucre de canne par exemple. Nous, c’est 100% fruits et légumes, rien d’autre», souligne-t-il. Le Verdunois porte aussi une attention à l’emballage qui est recyclable et éventuellement, il aimerait qu’il soit compostable.

«Ce qui me plaît en tant qu’entrepreneur, c’est aussi d’aller vers un côté solidaire où on fait fonctionner l’économie circulaire.» -Jonathan Tassi

Le panier à sauver

«Quand on allait récupérer nos fruits et légumes, on prenait une infime partie parce qu’on ne pouvait pas tout récupérer. Je me suis demandé comment on pourrait faire pour revaloriser tous ces fruits et légumes», se souvient-il.

De là est venue l’idée de créer «Le panier à sauver». M. Tassi récupère désormais tous les fruits et légumes «à jeter» des distributeurs avec lesquels il collabore. Il utilise ce dont il a besoin pour ses produits, et avec le reste il crée des paniers en vrac à faible coût.

Chaque semaine, il vend environ une cinquantaine de caisses dans de petits commerces comme des fromageries ou des boucheries, et une centaine est remise à des associations à but non lucratives.

De plus, lorsqu’un panier est vendu en magasin, OLAOLA remet 20% de la vente au commerçant. «C’est aussi pour les soutenir dans leur activité parce que c’est compliqué pour eux aussi la pandémie», ajoute-t-il.

Si le panier reste invendu, rien n’est chargé au commerçant. En plus, aucun item n’est jamais jeté. Si les aliments commencent à brunir et qu’ils sont irrécupérables pour la consommation, OLAOLA a trouvé une solution. «On va les donner à une entreprise (Éco-protéine) qui élève des insectes et qui en fait des protéines animales», explique M. Tassi. Les insectes vont venir manger les fruits et légumes.

Tendance

D’autres compagnies comme celle de Jonathan Tassi commercialisent aussi des produits avec des aliments sauver du gaspillage alimentaire. Le Verdunois estime qu’il s’agit d’une tendance, une sorte de mode culinaire.

«Ça aide à améliorer l’image de marque oui, mais ça reste une très belle action. Si ça va bien pour ces entreprises, ça veut dire qu’il y a encore beaucoup de gaspillage alimentaire», soulève-t-il.

Peut-être qu’un jour le modèle changera et qu’il y aura moins d’aliments gaspillés, lance comme hypothèse M. Tassi. Sinon, il croit que ce sera peut-être la norme de réutiliser des aliments qui ne correspondent pas aux normes des distributeurs.

Pour l’avenir, l’entrepreneur aimerait offrir des paniers à plus d’organismes et aussi travailler directement avec des producteurs québécois afin d’avoir des fruits de saison lorsque cela est possible. Également dans le but de récupérer ce qui est cultivé, mais qui est en dehors des standards de l’industrie.

Articles similaires