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ORGUEIL: MIROIR! OH! MIROIR

– Miroir! Oh! Miroir. Ne vois-tu rien derrière?

– Tu veux parler de ton nez, mais il est magnifique?

– Miroir, dis-moi, dis-moi, ne vois-tu rien derrière?

– Rassure-toi. La cicatrice dans tes cheveux a complètement disparu. Lisse, la peau de ton cou s’accroche avec justesse à tes mâchoires. De tes yeux agrandis ne rayonnent que d’heureuses ridules.

– Miroir! Sois honnête, ne vois-tu rien derrière?

– De quoi veux-tu encore parler? De la couleur de tes cheveux? De ton ventre rajeuni, de tes fesses rebondies? Tu es belle. Plus rien à faire, à retoucher. Crois-moi.

– Oh miroir!, dit-elle avec supplication.

– Réussis tes rajeunissements! Tout à fait dans le ton. Pas trop. Juste assez.

– Mais miroir! Dis-moi! Que vois-tu derrière?

– Tu es belle! Mais que cherches-tu donc à la fin? Assez! Assez! J’en ai assez. Depuis trente ans, toujours les mêmes questions. Tu as perdu ta vie, tes amis, ton sourire. Tu as perdu ton âme. Tu as même voulu me la donner. Comme tu es lourde, embêtante et tout à fait chiante. Arrête, j’en ai assez.

– Pitié miroir! Pitié! Tu me traites comme une impie. Dis-moi, je t’en supplie.

– Pauvre sotte! Écoute-moi bien! Je t’offre une dernière chance. Retrouve la petite fille qui mordait dans la vie, jouait, s’amusait. Retrouve la vie, tes amies. Retrouve le monde, ses joies et ses peines. Enfin, prend une minute pour toi. Ferme tes yeux, retrouve et regarde ton cœur. Maintenant, pour moi, c’est fini! Adieu, je me casse et pour toujours.

Colette Demers

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