Hôpital de Lachine: les usagers ont leur mot à dire
Premièrement, nous sommes heureux de la décision prise par le ministre de la santé, Réjean Hébert, de maintenir ouverts 10 lits pour lesquels une fermeture avait été annoncée. Ces lits sont occupés par des personnes en attente d’une place dans un établissement de soins de longue durée.
L’Agence des services de santé de Montréal (ASSM) a procédé sur tout son territoire à la fermeture de soins de longue durée dans les établissements de soins aigus pour libérer des lits sur les étages et faciliter l’admission de nouveaux patients ayant besoin de soins. Cela s’est fait en août 2010 à l’Hôpital de Lachine. Toutefois, nous savons pertinemment que le programme mis sur pied par l’Agence a connu plusieurs ratés d’autres établissements visés par celui-ci, et l’Hôpital de Lachine n’a pas été épargné.
L’Agence de santé a cessé le financement des lits de longue durée à Lachine en 2010, mais des patients en perte d’autonomie ont continué de se présenter à l’hôpital et ont dû y être hospitalisés parce qu’ils ne pouvaient retourner à domicile ou parce que les ressources dans la communauté étaient déjà à pleine capacité, tout cela sans financement de la part de l’Agence.
Nous nous réjouissons du fait que ces usagers ont pu recevoir des soins à l’Hôpital de Lachine, en attente d’une ressource appropriée, et qu’ils pourront continuer de le faire. Nous savons que le déficit du CUSM est en partie attribuable au fait qu’il dépensait pour des activités pour lesquelles il n’avait pas obtenu le financement.
Mais, Monsieur le ministre, dites-nous sérieusement ce que pouvait faire l’Hôpital de Lachine. Est-ce justifiable éthiquement de retourner les gens à domicile parce que le réseau ne peut les prendre en charge, faute de place ou à cause des carences dans la dispensation des soins à domicile?
Le vrai problème se situe là et il a été bien documenté par le Regroupement provincial des comités des usagers dans un document du 4 décembre 2012, L’hébergement pour les personnes en perte d’autonomie au Québec.
Deuxièment, nous sommes étonnés d’apprendre par les journaux l’intention du Ministre de délester le CUSM de l’administration de l’Hôpital de Lachine pour la confier au CSSS Dorval-Lachine-LaSalle. Dans une lettre du 20 décembre 2012, le Ministre mentionne avoir consulté « différents acteurs animés par les préoccupations de maintien au sein de cet établissement de services adaptés aux soins des citoyens ». Nous représentons les usagers de cet hôpital et nous considérons être au nombre de ces « acteurs ».
Rappelons aussi que différentes organisations soutiennent notre comité dans sa lutte pour le maintien des services à l’Hôpital de Lachine, dont le Conseil pour la protection des malade (et sa Fédération des comités des usagers et de résidents du Québec) qui ont notamment dénoncé le recul du gouvernement quant au projet de rénovation de l’hôpital ainsi que la fermeture abrupte du cinquième des lits de l’établissement.
Pourtant, le ministre ne nous a pas consultés. S’il l’avait fait, nous aurions pu lui dire que nous sommes très engagés à maintenir le caractère francophone de l’établissement et sa vocation communautaire. Nous lui aurions rappelé que depuis l’intégration de l’Hôpital de Lachine au CUSM, les usagers disposent de services d’urgence qui auparavant avaient été fermés, qu’ils ont accès à plus de spécialités en médecine et en chirurgie (urologie, gériatrie, médecine respiratoire, chirurgie bariatrique et maxillo-faciale).
Pas étonnant que la clientèle ait augmenté depuis l’intégration. Nous voulons donc ajouter notre voix, à celle du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens du CUSM pour demander au ministre de reconsidérer cette décision. Les usagers sont vulnérables et inquiets, particulièrement nos aînés qui sont souvent seuls; ils ne savent pas ce qu’il va advenir de leur hôpital. Ils ont besoin d’être assurés.
Clarise Samuels, secrétaire du comité des usagers du CUSM