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Du cowboy à l'homme rangé

Boulanger Pierre - TC Media
Le 12 mars 2007, à l’âge de 26 ans, la vie du charpentier-menuisier Jonathan Plante est complètement bouleversée par une chute sur un chantier de construction qui le laisse paraplégique et cloué à un fauteuil roulant.

Quelques 350 jeunes ont entendu le témoignage de celui qui a maintenant 34 ans à l’école Cavelier-De LaSalle, le 20 mai. «J’avais une moto pour l’adrénaline, je faisais le cabochon et j’étais cowboy».

De machiniste, il devient charpentier-menuisier. «J’aimais monter à 50 ou 60 pieds et jamais je ne m’attachais. J’étais convaincu que ceux qui tombaient étaient ceux qui avaient peur».

Jour fatidique

Tout bascule le 12 mars 2007. «Dans un chantier de Mascouche, on a installé une rampe, du sous-sol jusqu’au toit. Deux madriers collés, sans garde-corps. En montant, je suis resté sur la rampe, avec une extension dans une main et des clous dans l’autre. J’ai lancé l’extension et j’ai échappé les clous. En voulant les rattraper, j’ai perdu l’équilibre et atterri au sous-sol, sur le dos. Ç’a fait crac, j’ai perdu le souffle et j’ai lâché un cri de mort. Je ne sentais plus le bas de mon corps».

Quel défi pour les ambulanciers! «Je mesure 6’3 » et pèse 210 livres. Avec une blessure au dos, les manipulations sont importantes et il n’y avait pas d’escalier. Une dizaine d’intervenants m’ont sorti et le personnel de l’hôpital Pierre-Le Gardeur m’a transféré à Sacré-Cœur».

Que d’émotions pour sa conjointe! «Un médecin lui a remis un papier où il était écrit le mot paraplégie. Elle a vu ce qui s’en venait et a perdu connaissance. Puis, à la salle de trauma, elle a vu l’enflure de huit pouces à la grandeur de mon dos et s’est encore évanouie».

Le lendemain, Jonathan passe au bistouri. «Une opération de sept heures, des tiges de métal de chaque côté de ma colonne et huit vertèbres fixées avec des boulons. On m’a dit que je ne marcherais plus, et je me suis rappelé qu’on avait sauvé 10 minutes en ne faisant pas de rampe sécuritaire».

Séquelles et petits miracles

Jonathan Plante dit la vérité sans détour. «Du nombril jusqu’en bas, je ne sens rien. Quand j’ai besoin de vider ma vessie, j’utilise un cathéter. Pour les intestins, je fais un curage intestinal. Je peux avoir une vie sexuelle, mais c’est différent».

Malgré tout, le couple veut fonder une famille. «On a utilisé la fécondation in vitro. Il a fallu trois essais pour notre fils Maxime, qui a quatre ans. L’année suivante, après trois autres essais, on a eu notre fille Lilly Rose, qui a deux ans».

L’accident affecte tout son entourage. «Il a fallu recommencer à zéro et on a «sacré» nos projets aux vidanges. À 18 ans, mon frère a eu un accident d’auto et subi un traumatisme crânien. Je n’ai pas tiré de leçon et j’ai continué à rouler vite et à travailler sans être attaché. Sans ma blonde, rien ne serait possible. C’est le capitaine chez nous. Je peux combler les besoins de base (amour, tendresse, écoute) de mes enfants, mais je dois me priver d’un paquet de moments magiques et ça me crève le cœur».

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