Le Plateau-Mont-Royal
18:32 28 septembre 2020 | mise à jour le: 28 septembre 2020 à 18:32 temps de lecture: 3 minutes

La violence en hausse sur le Plateau-Mont-Royal

La violence en hausse sur le Plateau-Mont-Royal
Photo: Josie DesmaraisUne voiture de police du SPVM. / Josie Desmarais

Entre 2018 et 2019, le nombre de crimes avec violence rapportés aux policiers a augmenté sur le Plateau-Mont-Royal, selon les données du rapport annuel du Service de police de Montréal (SPVM). Toutefois, les statistiques ne révèlent pas tout et doivent être nuancées, rappelle un expert.

Entre 2018 et 2019, les crimes avec violence ont augmenté de 33% dans Le Plateau-Mont-Royal. Ce territoire est parmi les trois secteurs où les crimes avec violence sont les plus courants, juste après Montréal-Nord et avant Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Les agressions sexuelles ont notamment augmenté de 12% et les voies de fait sont passées de 565 à 867.

Globalement, le nombre de crimes commis dans le secteur du poste de quartier (PDQ) 38, couvrant le Plateau-Mont-Royal, a augmenté de plus de 18%, passant de 6919 à 7686.

Au-delà des chiffres

Pour Rémi Boivin, criminologue à l’Université de Montréal, il ne suffit pas de comparer une année à l’autre pour avoir un portrait juste de la criminalité «mais de regarder les chiffres sur plusieurs années».

Une nuance que fait aussi l’inspecteur Marc Lauzon, du poste de quartier 38. «Si on compare les quatre dernières années, on est sur des chiffres stables en termes de criminalité».

«Il est encore trop tôt pour dire si la COVID-19 a eu un effet sur la criminalité. Le confinement a mis la pression sur les familles, ça peut faire augmenter les violences familiales, par contre, on s’attend à ce que les cambriolages diminuent, car les gens sont chez eux.» -Rémi Boivin, criminologue

Géographie de la criminalité

Moyenne d’âge peu élevée, nombreux résidents et visiteurs et vie nocturne sont autant de facteurs faisant que le Plateau-Mont-Royal peut être un terreau fertile à la criminalité.

Selon M. Boivin, il y a en effet un pic de criminalité à partir de la fin de l’adolescence, diminuant avec l’âge.

«Aussi, s’il y a plus de résidents et plus de visiteurs, il y aura plus d’occasion de criminalité», ajoute-t-il. De plus, il souligne qu’un territoire avec plusieurs voies d’accès, comme des artères, des stations de métro, sont plus propices au crime.

Types de crimes

«Il y a plus de crimes qui sont enregistrés par le SPVM, c’est certain, il faut aussi analyser le type de crime commis», prévient-t-il.

Concernant une hausse des crimes violents, M. Boivin constate une augmentation «préoccupante».

Une hausse qui pourrait s’expliquer en partie par le mouvement #MoiAussi qui encourage les victimes d’agressions sexuelles de faire un signalement.

De son côté, l’inspecteur Lauzon note une augmentation de la criminalité, comme des menaces et des voies de fait, dues à la vie nocturne sur le boulevard Saint-Laurent.

À propos des crimes contre la propriété, les chiffres sont importants, mais pas «parce que c’est le crime le plus grave de la terre, mais parce les gens ont besoin de rapport d’événement à transmettre à leurs assureurs», explique Rémi Boivin.

«Montréal et la majorité des villes canadiennes ont un taux de criminalité très bas, même si on a une hausse ça ne veut pas dire que la ville n’est pas sécuritaire», conclut M. Boivin.

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