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Reconversion inusitée: une église se transforme en spa

Il y a belle lurette qu’on ne célèbre plus de messes à l’église du Sanctuaire du Rosaire et de Saint-Jude du Plateau Mont-Royal. Depuis le printemps, c’est plutôt le massage qu’on y pratique. À la fois spa et centre d’entraînement, le Saint-Jude Espace Tonus est le fruit d’une conversion de lieu de culte unique au Québec.

Construite en 1905, cette église néogothique située rue Saint-Denis appartenait aux Pères dominicains depuis 1954. Au début de la dernière décennie, ces derniers ont élaboré un projet immobilier controversé. Leur proposition : démolir l’église afin de bâtir des condos sur le terrain vacant. L’arrondissement s’y est opposé. À la suite de ce refus, les Pères dominicains se sont ravisés et se sont résignés à vendre la bâtisse. En 2008, Tony Attanasio et ses deux partenaires d’affaires y ont vu l’endroit rêvé pour aménager un spa et une salle de sport.

« L’église nous a coûté près de 2 000 000 $. C’est un prix raisonnable compte tenu du fait qu’il est rare de trouver un bâtiment qui a plus de 20 000 pieds carrés et dont la façade donne sur la rue Saint-Denis », explique M. Attanasio.

Mais une telle reconversion ne se fait pas en claquant des doigts. La ville de Montréal a mis près de trois ans avant d’approuver le projet et les entrepreneurs ont dû s’engager à respecter l’intégrité architecturale du bâtiment. En 2012, la municipalité a finalement dit oui et les travaux ont débuté.

« L’aspect patrimonial était important pour nous, souligne M. Attanasio. Dès le départ, nous tenions à préserver la façade en pierre de taille grise. À l’intérieur, on a restauré et réintégré des vitraux. On a également construit une nouvelle structure autoportante d’acier et de béton. Celle-ci, complètement dégagée de celle de l’immeuble, pourrait même être démolie pour que l’église puisse revenir à ce qu’elle était initialement. »

Ressourcer l’âme et le corps

« Nous voulions confronter les gens en leur présentant quelque chose de contemporain au sein de quelque chose d’ancien », explique l’architecte du projet, Tom Balaban. Cette volonté de faire coexister les époques a influencé le choix des matériaux utilisés. Par exemple, le verre noir côtoie le gypse blanc. @Ci : «Dans le cœur de l’église, là où le curé faisait sa prière, il y a des salles de massages. C’est l’évolution de la liturgie au Québec ! » @Csi : – Tony Attanasio

Les crucifix, l’hôtel et les bancs d’église ont cédé leur place aux salles d’entraînement, aux vestiaires, à un sauna, à une aire de relaxation et même à des bains d’hydrothérapie. Selon M. Attanasio, l’architecture religieuse se marie parfaitement aux nouvelles technologies qui font la marque des centres d’entraînement dernier cri. Il ajoute qu’il demeure dans l’enceinte une certaine aura spirituelle, même si le mobilier sacré n’y est plus.

« C’est à la fois un lieu d’entraînement et un lieu de ressourcement. L’architecture d’une église se prête bien à la création d’une ambiance qui favorise la détente. Par exemple, les vitraux donnent un éclairage exceptionnel. Dans le cœur de l’église, là où le curé faisait sa prière, il y a des salles de massages. C’est l’évolution de la liturgie au Québec ! »

Pour le moment, le Saint-Jude Espace Tonus compte environ 350 membres. Selon ses propriétaires, il en faudrait au moins 150 de plus pour atteindre le seuil de rentabilité.

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