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Quand l'art se prête à tous

L’ art n’est pas accessible à tous les portefeuilles. Pour contourner ce problème, un nouveau service de prêt d’œuvres artistiques permet aux Montréalais d’emprunter gratuitement des toiles et de les exposer sur les murs de leur demeure.

Prêt d’art, c’est un peu une galerie virtuelle. Grâce à ses comptes Twitter, Facebook et Instagram, les artistes de la métropole peuvent rejoindre des centaines d’amateurs d’art en outrepassant les galeristes et les vernissages. Dans le confort de leur salon, les amateurs d’art peuvent admirer des dizaines de photos de toiles et se choisir une œuvre qu’ils pourront emprunter gratuitement, pendant un an.

« Après mes études en art, j’avais des toiles qui traînaient et qui prenaient beaucoup de place chez moi, raconte Frédérique Marseille, fondatrice de Prêt d’art. Je les ai mis sur ma propre page Facebook afin de les prêter à mes amis. Pour deux œuvres, j’ai eu 26 réponses. Je me suis rendu compte à ce moment qu’il y a un marché. »

Après ce constat, Mme Marseille a décidé de jouer à l’entremetteuse. Elle a d’abord approché quelques artistes pour leur parler de son projet. Ensuite, au moyen de la plateforme Web qu’elle a créée, elle les a mis en contact avec des gens qui ont envie d’emprunter une œuvre.

Pour l’artiste, c’est une façon simple de sortir ses peintures de l’atelier pour rejoindre un public qu’il n’aurait peut-être pas atteint autrement.

« Notre page Facebook a près de 1000 abonnés. Ça veut dire qu’environ 1000 personnes ont vu les œuvres des artistes. De plus, la toile empruntée a clairement une visibilité chez l’emprunteur. Cette personne a une vie sociale, elle reçoit des amis. Ça donne donc une grande visibilité », explique Mme Marseille.

En ce sens, l’emprunteur doit s’engager à faire la promotion de l’œuvre sur ses propres réseaux sociaux. Il doit aussi promettre de remettre la toile avant la date d’échéance du contrat dans l’éventualité où un acheteur se manifeste.

Marc-Élie Lapointe, un résidant du Plateau-Mont-Royal qui a récemment emprunté une toile, croit que la gratuité du service lui a permis de mettre la main sur une œuvre qu’il n’aurait pas été en mesure d’acheter.

« Habituellement, les œuvres d’artistes sont hors de prix pour les étudiants. Là, j’ai la chance d’exposer de l’art sur mes murs. De plus, on a accès des choses différentes de ce qu’on voit chez IKEA. C’est un peu comme avoir une mini-galerie chez soi. »

Depuis le lancement du projet, il y a deux mois, Prêt d’art a prêté une trentaine d’œuvres produites par une dizaine d’artistes. De ce nombre, cinq toiles ont été vendues.

« J’ai reçu une vingtaine de courriels d’artistes qui voulaient participer, mais j’ai dû dire non puisqu’il n’y avait aucune chance que je puisse gérer tout ça. Ça fonctionne tellement bien que je n’arrive pas à subvenir aux besoins des artistes », remarque Mme Marseille.

Pour mieux répondre à la demande, la fondatrice de Prêt d’art prévoit lancer au printemps la deuxième phase de son projet. Cette prochaine mouture permettra aux utilisateurs de générer leur contenu. Un artiste pourra alors créer son propre compte dans lequel il téléchargera lui-même les photos de ses œuvres. De plus, il pourra directement entrer en contact avec un emprunteur sans devoir passer par un intermédiaire.

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