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Pistes cyclables:Le civisme en perte de vitesse

Avec le nombre croissant de Montréalais qui choisissent le vélo comme mode de transport, certaines pistes cyclables deviennent de véritables autoroutes, avec toutes les problématiques que cela entraîne…

catherine.bouchard@tc.tc

Les axes nord-sud sont bondés, tout particulièrement celui Berri-Cherrier-de Brébeuf, selon Vélo Québec. Le lien est-ouest de la rue Rachel Est a un fort achalandage.

« Je prends les petites rues pour me rendre au travail et j’évite l’axe nord-sud, car il est saturé. Nous sommes souvent une vingtaine à attendre à un feu rouge. Nous devons attendre deux changements de lumière pour passer. La majorité des cyclistes utilisent ce mode de déplacement pour son efficacité. Si on perd beaucoup de temps, parce que c’est congestionné, ça diminue son attrait », indique la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau.

L’organisme croit que cette situation est en partie due au fait que le nombre d’usagers du vélo a cru beaucoup plus rapidement que le nombre de kilomètres de pistes cyclables.

« Ça prend de nouveaux liens nord-sud vers le centre-ville. C’est certain que l’aménagement de vélorues, ça va beaucoup aider », explique Mme Lareau.

Rage au guidon

Les usagers du réseau cyclable ayant adopté la bicyclette comme mode de déplacement ont des comportements qui ressemblent de plus en plus à ceux des automobilistes, croit la conseillère en sécurité routière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Nathalie Valois.

La patrouilleuse à vélo souligne que les interventions auprès des cyclistes fautifs sont difficiles.

« Le problème, c’est que contrairement aux automobilistes, ils n’ont pas de permis à perdre. On tente de les interpeller, mais plusieurs continuent à rouler très rapidement. Jamais on ne voit ça avec une voiture, sauf si c’est un véhicule volé. On tente de les arrêter et de remettre des constats d’infraction aux cyclistes ayant une conduite dangereuse et grillant des feux rouges », raconte Mme Valois.

L’agente du SPVM mentionne que lors d’activités de sensibilisation, plusieurs cyclistes lui demandent de surveiller les délinquants en la matière.

« On me dit souvent que ceux qui vont trop rapidement à vélo dérangent. Plusieurs me confient qu’ils se méfient de plus en plus des autres bicyclettes, puisqu’ils peuvent se faire couper à un moment inopportun. Moi-même, je me surprends à y penser. Ce n’est plus seulement une activité récréative, c’est une façon de se déplacer. On reproche aux automobilistes d’être pressés, mais c’est rendu la même chose à vélo », souligne la policière.

Même son de cloche du côté de Vélo Québec qui rappelle que le respect se mérite.

« C’est clair que la vitesse en bicyclette constitue un problème et ça nous énerve. Il y en a qui zigzague sur la piste cyclable; c’est dangereux. Ces gens ne pensent pas aux piétons que nous côtoyons de près et qui sont plus vulnérables que nous. Je crois néanmoins que le Code de la sécurité routière est de plus en plus respecté. Ça devient plus gênant pour les contrevenants de continuer à agir de la sorte », croit Mme Lareau.

Enfin, les deux intervenantes croient qu’il y aura toujours des individus manquant de civisme et faisant preuve de témérité, comme pour les autres modes de transport.

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