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Des débats musclés sur les animaleries et l'avenue Laurier Ouest

Des débats musclés se sont déroulés dans le cadre de l’assemblée de consultation publique qui a eu lieu le mardi 30 septembre, dans les bureaux de l’arrondissement.

Les conseillers en aménagement urbain du Plateau-Mont-Royal, le secrétaire d’arrondissement Claude Giroux, les élues Christine Gosselin et Marie Plourde, qui est aussi la présidente du Comité consultatif en urbanisme (CCU), étaient présents pour entendre les acteurs des divers dossiers concernés.

Des citoyens devaient s’exprimer sur trois questions, soit la modification du zonage de l’avenue Laurier Ouest, l’interdiction de vente d’animaux et la démolition du 1657, rue Rachel Est pour la construction d’un nouvel édifice de trois étages. Deux des trois sujets attisaient les passions, puisque la salle était comble.

Les commerçants de l’avenue Laurier Ouest étaient venus en grand nombre s’exprimer sur la nouvelle réglementation qui entrerait en vigueur dès novembre. Les règles actuelles sont peu contraignantes pour les entrepreneurs, exceptées celles concernant les débits de boisson.

L’administration locale propose un contingentement de 25 mètres pour les restaurants. Les commerces de destination seront pour leur part obligés de s’installer au rez-de-chaussée, sans possibilité d’occuper le deuxième étage. Les commerces de services et bureaux de professionnels pourront pour leur part demeurer au deuxième étage. Les salles de billard devront elles aussi demeurer au niveau de la rue. Les bars, pour leur part, auront une occupation maximale de 100 mètres carrés.

Les établissements déjà ouverts préservent leurs droits acquis, même si cette réglementation était adoptée telle quelle.

Plusieurs membres de l’Association des commerçants de l’avenue Laurier Ouest se sont opposés à toutes ces nouvelles dispositions, à l’exception de celle concernant les bars.

« Je comprends mal pourquoi vous amener un règlement aussi contraignant, alors qu’actuellement, notre rue a une belle vitalité. Nous avons travaillé fort pour la rendre attrayante. Je trouve ça déplorable, parce qu’avec vos nouvelles règles, un commerce comme La Canadienne ne pourrait ouvrir ses portes chez nous. Aussi, certaines boutiques s’établissent au deuxième étage, parce que les loyers sont moins chers », mentionne la vice-présidente de l’Association des commerçants de l’avenue Laurier Ouest, Danielle Barreau.

La présidente du CCU a soutenu que l’objectif est de préserver la vitalité de l’artère.

« Nous ne voulons pas que ça devienne une autre Prince-Arthur. On veut intervenir de façon préventive. L’arrivée du bar Datcha a bousculé beaucoup la vie des résidents du secteur et nous voulions avoir une réflexion sur la question », explique Mme Plourde.

L’urbaniste-stagiaire, Simon Lemieux, a précisé que le taux de vacance au rez-de-chaussée était de 17 %. Les élues présents croyaient également que certains propriétaires attendent de pouvoir louer les deux étages. Les commerçants, dont certains étaient propriétaires, ont pour leur part affirmé que les locateurs acceptent les offres d’occupation d’un local, même si ce n’est qu’un étage.

Le contingentement des restaurants a aussi soulevé la grogne. L’Association des commerçants de l’avenue Laurier Ouest croit que ceux-ci amènent de l’achalandage dans les boutiques, peu importe la distance entre les uns et les autres.

Les animaleries attisent les passions

Plusieurs bénévoles s’occupant des chats errants ont salué l’initiative de l’arrondissement, tout en demandant aux élus d’aller plus loin. Ils souhaitent que les animaux soient obligatoirement stérilisés pour les animaleries déjà existantes. Ils devraient également provenir de refuges, toujours selon ces bénévoles. Ils ont souligné que l’animalerie Nature a déjà une politique en ce sens. La propriétaire de l’Animalerie Paul, une institution de l’avenue Mont-Royal, voit pour sa part cette modification comme une atteinte à la réputation de ce type de commerces.

« Selon un sondage Léger-Léger, seulement 6 % des animaux proviennent des animaleries. Les autres, les gens se les procurent sur les petites annonces. On ne règle pas vraiment le problème. Ce n’est pas tout le monde non plus qui veut adopter des chats ou des chiens provenant de refuges. Je trouve qu’on salit la réputation de notre type de commerce », souligne Martine Paul.

Les bénévoles ont réclamé pour leur part la stérilisation systématique dans ce dossier. Simon Lemieux a précisé qu’aucune nouvelle animalerie n’avait ouvert ses portes sur le territoire depuis 2011, mais que la modification au règlement se veut préventive. Toutes les questions débattues lors de l’assemblée de consultation publique peuvent être soumises à l’approbation référendaire.

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