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Le Plateau des policiers

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Le Plateau-Mont-Royal se distingue des autres quartiers montréalais à plusieurs égards, y compris au plan des interventions policières. Les agents Giovanni Romanelli et Laurent Laguë, du poste de quartier (PDQ) 37, nous parlent des caractéristiques du travail de policier dans ce secteur pas comme les autres.

« Au [PDQ] 37, il n’y a pas d’endroits où il ne se passe rien. En même temps, on n’a pas de zones particulièrement problématiques. Quoiqu’en ce qui a trait à la sécurité routière, sur l’avenue du Parc, c’est assez mouvementé dernièrement », informe d’entrée de jeu, l’agent Laguë.

« Ce qu’on retrouve ici, c’est plutôt des problèmes d’incivilité en lien avec les règlements municipaux. La nuit surtout, les gens consomment de la boisson ou urinent dans les ruelles. Il y a aussi les parcs et le bruit. La densité de la population dans le Plateau n’aide pas », ajoute le constable Romanelli.

Les deux agents s’entendent pour dire que le principal enjeu, sur le Plateau, demeure la cohabitation entre les résidents, qui souhaitent davantage de quiétude et les visiteurs qui fréquentent les restaurants et les bars.

On note également des problèmes de consommation de drogue aux abords des différentes écoles professionnelles, notamment celles des métiers de la construction et des métiers de l’automobile. Lors de la répartition, la sergente demande d’ailleurs aux policiers d’y porter une attention particulière.

Curiosité et justification

Une autre particularité du Plateau-Mont-Royal est sa clientèle, estime M. Laguë. Ayant travaillé dans différents secteurs montréalais avant d’atterrir au PDQ 37, il remarque que les résidents de ce quartier central interviennent davantage dans le travail des policiers.

« Par rapport à l’Ouest-de-l’Île, où c’est un milieu plus anglophone, les gens posent plus de questions. Il faut toujours que je justifie et que j’explique [ce que je suis en train de faire], et ce, même si je n’ai pas vraiment le temps. Des passants, qui ne sont pas impliqués dans l’intervention, vont prendre des photos et chercher à savoir ce que je fais. Ça peut être positif comme ça peut être négatif, tout dépendamment de comment c’est fait », explique-t-il.

« Certains vont vraiment avoir une approche où ils veulent s’interposer à l’intervention policière, ce qui n’est pas bon, tandis que d’autres veulent juste s’informer de ce qui se passe. Un des meilleurs exemples, ce sont les cellulaires; les gens ont le droit de filmer, ils doivent seulement nous laisser l’espace nécessaire pour faire notre travail. De plus, de notre côté, on ne sait pas si le téléphone cache une autre arme. [Il faut donc rester sur nos gardes] », renchérit l’agent Romanelli.

Improvisation contrôlée ayant pour thème…

Une des raisons pour laquelle le travail des policiers est méconnu du grand public, c’est parce qu’il est composé d’une grande part d’improvisation, croit le duo.

« On ne sait jamais sur quoi on va tomber. Lors de la répartition, on a une petite idée, mais ça évolue au fur et à mesure que les informations entrent. On travaille avec des ressources limitées et il faut être assez débrouillard pour patenter un plan avec ce qu’on a. On imagine tous les scénarios possibles », fait valoir le constable Laguë.

Les deux policiers précisent que pour être prêts à affronter toutes les situations, ils partent du principe que l’appel qu’ils ont reçu est fondé, et que les personnes impliquées sont potentiellement suspectes, ce qui explique leur ton parfois sec, justifiant qu’il est plus facile de se calmer que de se mettre en état d’alerte.

À savoir ce qui, malgré tout, les motive à faire ce travail stressant et exigeant, les deux hommes répondent l’expérience humaine, qu’il s’agisse du contact avec la population ou de l’esprit de fraternité avec leurs collègues.

« On n’a pas choisi cette job pour donner des tickets», conclut M. Laguë.

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