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Facebook et la politique

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Bien des politiciens rêveraient d’avoir des yeux et des oreilles partout, histoire de savoir tout ce qui se dit et ce qui se passe. Faute de pouvoir se démembrer, plusieurs se tournent vers les médias sociaux pour prendre le pouls de la population. Afin de mieux comprendre comment se fait la politique à l’ère 2.0, le journal Le Plateau a questionné les élus locaux sur leur utilisation des différentes plateformes virtuelles.

« Avec François W. Croteau (maire de Rosemont – La Petite-Patrie), on (les élus du Plateau) doit être parmi les politiciens qui utilisent le plus les médias sociaux au Québec pour communiquer avec les citoyens », estime Alex Norris, conseiller de Ville pour le district Mile End.

Si certains élus sont très actifs sur Facebook, notamment Richard Ryan et Carl Boileau qui publient des messages sur une base quotidienne, d’autres, comme Piper Huggins, y sont moins présents (environ un message par semaine).

Ce virage virtuel s’est fait de lui-même, soutiennent les conseillers interrogés. Plusieurs possédaient un compte Facebook « personnel », qui s’est tranquillement métamorphosé en un outil de communication politique permettant « d’avoir un lien direct avec les citoyens », dans la lignée des « mesures de transparence implantées par l’administration ». Ce qu’ils disent y rechercher, ce sont les échanges et les débats.

« Ce qui nous distingue, à mon avis, c’est qu’on ne fait pas que publier des communiqués de presse ou du contenu prémastiqué par des spécialistes des communications, contrairement à d’autres formations politiques. Dans notre cas, c’est vraiment nous qui sommes derrière notre écran d’ordinateur. On participe à des débats et on teste nos idées. C’est notre devoir, en tant qu’élu, de courir ce risque en participant activement à ces échanges avec la population », insiste M. Norris.

M. Boileau dit aussi utiliser cette plateforme, en combinaison avec son blogue où il diffuse des analyses personnelles et des billets d’opinion, pour faire de « l’éducation populaire ».

Sur sa plateforme radicarl.net (aujourd’hui hébergée à l’adresse carlboileau.com), le conseiller traite de tous les sujets qui l’interpellent, passant de la politique municipale, à la religion, sans oublier l’entomologie, la psychanalyse et les relations interpersonnelles. Il y publie aussi des poèmes. Il écrit que ce blogue est « la trace de son voyage de vie».

Le 22 mars dernier, le conseiller lançait une nouvelle plateforme web: le site delorimier.info. Il s’agit d’un blogue à saveur politique, où le conseiller présente, en cette année d’élection, ses engagements électoraux. Il invite aussi les citoyens à discuter sur divers enjeux locaux par le biais de forums. On peut aussi y consulter l’agenda de M. Boileau.

Sous son plus beau jour

Toutefois, même si les élus hésitent à l’admettre, ils concèdent que les médias sociaux servent également d’outil de relations publiques. Que ce soit dans les photos qu’ils publient ou dans l’information qu’ils retransmettent, ils cherchent à se présenter sous leur meilleur jour.

« Si dans un article on dit qu’Alex Norris est un excellent conseiller, devrais-je le cacher? L’avantage de devoir fournir en lien vers l’article Internet, c’est que les gens peuvent aller voir le texte pour resituer un extrait dans son contexte, et ensuite, lancer un débat.

« Il m’est arrivé de poster des articles très critiques à notre égard (Projet Montréal), auquel j’ai ajouté un commentaire [pour rectifier certaines informations]. Ça permet de sortir des faits et des points de vue en complément aux filtres imposés par les médias traditionnels. On influence les autres, mais nous aussi on est influencé », concède M. Norris.

Pour sa part, la conseillère Josée Duplessis avoue avoir de la difficulté à jongler avec cette notion de relations publiques.

« Ce que je trouve le plus difficile avec les médias sociaux, c’est l’aspect auto-promotion. Je trouve que l’on fait de la vieille politique, mais avec un nouvel outil. J’ai l’impression que lorsque l’on tente de parler de nos projets, ça finit toujours par être du je,me,moi. Je n’ai pas encore trouvé comment intervenir sur les médias sociaux », confie-t-elle.

 

Pour en savoir plus:

Médias sociaux en politique: ce qu’en pense un expert

Médias sociaux: apprivoiser la bête

Twitter, ce mal aimé

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