Tueries dans les écoles : et si ça arrivait ici ?
Pour le responsable des communications de la CSEM, Mike Cohen, les récents événements ont été un wake up call. Les Services aux élèves de la commission scolaire ont communiqué avec la communauté scolaire de Newtown et offert l’appui de leur équipe de soutien en cas de crise. Leurs services n’ont toutefois pas été retenus.
« Il fallait tout de même le faire et on le fait chaque fois qu’il y a une grave crise qui se déroule ici ou dans une autre communauté. Ce qui est arrivé à Newton, c’est un wake up call pour tout le monde. »
Sur ce sujet, un message a été envoyé aux écoles demandant aux responsables d’être vigilants.
« Les directions d’école pourraient constater que leurs communautés respectives, élèves, personnels et parents ont été affectés par cet évènement tragique (…). Ceux qui sont particulièrement vulnérables à cause d’expériences ou de pertes traumatisantes antérieures pourraient souffrir de troubles de stress post-traumatique. »
Une équipe de soutien est présente, nous informe le porte-parole de la CSEM, afin d’aider ceux qui pourraient avoir été plus profondément affectés.
« On l’a fait chaque fois qu’il y a une tragédie, ici ou ailleurs dans le monde. On ne sait jamais si un jeune a de la famille, des amis, des connaissances qui sont touchés. Cela peut arriver et on aime mieux ne pas courir de risque et offrir l’encadrement nécessaire », mentionne M. Cohen.
Écoles sécuritaires
Concernant la possibilité de voir une telle situation se dérouler dans une école de la CSEM, on se veut rassurant.
« Depuis la formation de la commission scolaire en 1998, nous avons un système en place qui fonctionne très bien. Les parents n’ont pas à craindre d’envoyer leurs enfants dans nos établissements. Je peux vous dire que l’on n’entre pas comme l’on veut dans nos écoles. Moi-même, quand j’y vais, je dois m’annoncer d’avance et je suis toujours escorté. Et il y a toujours des gens en autorité qui sont présents et vont à la rencontre des gens qui veulent entrer ou qui sont proches des terrains de nos écoles », soutient M. Cohen.
Du côté de la CSDM, on indique également que les écoles sont sécuritaires et qu’un protocole d’intervention existe.
« Les mesures d’urgence de la CSDM, s’appliquent à toutes nos écoles, et sont prévues pour tous les types de situation. Elles sont regroupées dans un cartable de quatre pouces et demi d’épaisseur! Là-dedans, il y a tout: panne d’électricité, refoulement d’égouts, fuite de gaz, opération policière, intrus dans une école. Toutes les situations imaginables, on y a pensé », informe Alain Perron, chargé de communication à la CSDM.
Il affirme que « tout le monde » est au courant de ces mesures d’urgence. La formation du personnel est cependant laissée à la discrétion des différentes directions d’écoles, qui décident de la manière dont elle est faite.
Si la plupart d’entre nous ont souvenir des exercices d’évacuation à l’école, où, étant jeunes, nous devions sortir tranquillement de l’établissement, pendant que les autorités chronométraient la durée de l’exercice, combien peuvent dire qu’ils ont effectivement pris part à un exercice de confinement? Selon M. Perron, ces exercices ne sont pas répétés sur une base régulière.
« On n’en fait pas de façon systématique. Il y en a cependant de plus en plus. C’est la même chose pour les incendies. Ça se fait de façon aléatoire, il n’y a pas de raison comme telles qui justifient la tenue d’un exercice. À la suite de l’événement au Connecticut, on a simplement fait un rappel aux directions d’écoles », informe-t-il.
Le journal Le Plateau a sollicité des entrevues avec différents établissements scolaires du Plateau-Mont-Royal pour savoir comment s’articulaient les mesures d’urgence; aucun n’a retourné nos appels.
– En collaboration avec Philippe Beauchemin