Pedaler pour une bonne cause
Quelques mois avant le décès de son père, Laurence Marsolais a accepté d’accomplir le Cyclo-défi Enbridge contre le cancer à la demande de celui-ci. « Il me l’a fait promettre. C’était très important tant pour lui que pour moi. Pour mon père, c’était une façon d’honorer tous les gens du Centre Segal de l’Hôpital général juif qui ont pris soin de lui », explique-t-elle.
L’entraînement
Avant de débuter son entrainement, la jeune avocate de 28 ans n’avait pas touché à un vélo depuis son enfance. « Heureusement, mon copain fait beaucoup de vélo de route. Il m’a beaucoup conseillé pour mon équipement et les vêtements. L’hiver, c’est lui qui nous a obligés à faire du vélo stationnaire en écoutant des séries américaines. Avec le retour du beau temps, nous avons commencé à rouler dehors au moins une fois par semaine. »
Ayant réussi à récolter 7 000 $, Laurence Marsolais se place aujourd’hui parmi les meilleurs collecteurs de dons de la cinquième édition du Cyclo-défi. Si elle n’atteint pas son objectif de 15 000$ d’ici le 6 juillet, elle promet de revenir l’année prochaine.
Pour Mme Marsolais, le plus difficile n’a pas été l’entrainement ou la collecte de fonds, mais bien de pouvoir focaliser son énergie et son temps pour ce projet. « Avec la succession et la période de deuil, je n’avais plus de temps à consacrer à ma collecte de dons et à mon entrainement. » Ce n’est que lorsqu’elle a commencé à considérer les heures passées sur son vélo comme des moments privilégiés qu’elle a réussi à progresser.
Un long combat
La jeune avocate de 28 ans se souvient très bien de son 18e anniversaire. C’était en avril 2003. Laurence Marsolais s’était rendue chez des amis qui lui avaient organisé une surprise-partie pour ses 18 ans. Le lendemain matin, son père l’attendait pour lui annoncer une nouvelle.
« Il m’a dit qu’il avait un cancer des amygdales. Ma première réaction a été de prendre les clés de sa voiture et de m’en aller. Je suis retournée à l’endroit où on avait eu la fête. Mes amis y faisaient le ménage. Je suis arrivée en pleurant en leur disant que mon père allait mourir. »
Après la tristesse est venue la colère. Elle n’acceptait pas le fait que son « pops », comme elle l’appelle, puisse être malade. Malgré une amygdalectomie, une ablation d’une partie de la mâchoire, ainsi qu’un traitement de chimiothérapie, le diagnostic de cancer demeurait. Henri Marsolais s’affaiblissait lentement, perdant graduellement son autonomie.
« Mon père était mon héros. On faisait des voyages tous les ans. On pratiquait plusieurs sports ensemble. Je faisais tout avec lui. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence que mon père n’était pas indestructible », confie Mme Marsolais.
Toutefois, père et fille ont gardé leurs habitudes. « Tout au long de son combat, nous avons toujours continué à vivre, explique la fille. Même s’il ne pouvait plus manger depuis trois ans, il m’invitait régulièrement au restaurant. Le 24 décembre dernier, il a reçu 17 personnes à souper en dépit de son état de santé qui s’était détérioré. »
Malheureusement pour Henri Marsolais, ce vélo est arrivé trop tard. Dix jours après ce souper de Noël, ses yeux se sont refermés pour ne jamais plus s’ouvrir.
Pour faire un don, visitez la page personnelle de Laurence Marsolais.
Rémy-Paulin Twahirwa