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Cabaret du Mile End: résurrection culturelle

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Il y a près de trois ans, Richard Simard, Alexandre Mainville et leurs acolytes ont décidé de faire revivre la mythique salle du 5240, avenue du Parc, qui accueillait autrefois le Club Soda et le Kola Notte, en fondant le Cabaret du Mile End. Pour eux, cette résurrection devait passer par l’adoption d’un modèle d’affaires différent: la coopérative de solidarité.

Près de 450 shows et 100 000 spectateurs plus tard, ils peuvent dire mission accomplie.

Le concept est simple: les membres de la coopérative sont tous « copropriétaires » de l’établissement. Ils sont donc activement engagés dans la gestion de celui-ci. Les revenus générés, eux, sont réinvestis dans la salle, pour remplacer les équipements rendus désuets (la console, qui datait de l’époque du Club Soda, vient tout juste d’être changée!).

« J’ai proposé ce type de cogestion pour assurer la pérennité de la salle. Si on avait décidé que notre but était de faire de l’argent, on serait déjà fermé. La plus-value de ce modèle, c’est qu’on sent un réel engagement et une responsabilisation du staff. Les membres y voient un avantage. Ils ne sont pas juste des salariés, ils prennent part à un projet, à la vie associative et décident de ce qui se passe ici d’dans. C’est la salle de tout le monde, mais avec une direction commune bien définie », soutient M. Simard, président fondateur.

« On a notre personnel de soutien, mais on a aussi des citoyens et des clients qui aimaient la formule qui se sont joints à l’équipe, pour nous donner un coup de main bénévolement », ajoute M. Mainville.

Si le modèle a maintenant fait ses preuves, au début de l’aventure, certains avaient des doutes sur sa viabilité.

« Honnêtement, je n’y croyais pas. Ayant travaillé dans une plus grosse salle de spectacle, je savais que pour arriver à faire 150 shows par année, c’était une affaire de 10 ans. Or, l’an passé, on en a fait 180. Si tu m’avais dit ça quand je suis embarqué dans le projet, je t’aurais ri en pleine face. D’autant plus qu’on n’est pas au centre-ville, on n’est pas situé près d’un métro et il n’y a pas de stationnement. Il y avait plein de choses qui jouaient contre nous », avoue le directeur des opérations.

À l’image du Mile End

Le Cabaret du Mile End est à l’image du quartier qui l’accueille: éclectique et unique.

« Cette salle a sa place à Montréal, et dans le Mile End. Ce n’est pas pour rien qu’on lui a donné ce nom-là. On voulait se coller à la dynamique culturelle du quartier », fait valoir M. Simard.

« On est une des rares salles qui propose une programmation dite plus anglophone, ce qui reflète une réalité du secteur. Notre créneau, ce sont les shows anglophones, de musique du monde et d’indie-rock. On fait un peu de tout, mais pas n’importe quoi », complète son collègue.

Alors que les lieux culturels de diffusion pullulent sur le Plateau-Mont-Royal et le Mile End, en quoi celui-ci se différencie-t-il des autres?

« Il s’agit d’une salle de 400 places. Il n’y en a pas tant que ça à Montréal. On retrouve surtout des espaces de 150-200 places et quelques grandes salles. On le sait qu’il y a une demande pour des spectacles de ce range-là. On a aussi des artistes qui viennent spécialement pour la disposition de la salle et son caractère intime », fait valoir M. Simard.

« On en a qui viennent et qui reviennent. Ce sont des réguliers qui se sentent ici comme chez eux », insiste M. Mainville.

Plusieurs festivals et événements montréalais, comme POP Montréal, le Fringe, Nuits d’Afrique et Phenomena, ont adopté le Cabaret du Mile End et y ont élu domicile, contribuant à le mettre sur la map de la scène culturelle.

Pour souligner le troisième anniversaire du Cabaret du Mile End (5240, avenue du Parc), un spectacle-bénéfice est organisé le 9 mars, à 20 h. Les profits serviront à la réfection de la salle. Coût des billets: 25 $. Pour en savoir plus: www.lemileend.org

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