La migration de l'Illusion
Depuis quelques années déjà, l’idée d’un déménagement était dans l’air. Le propriétaire de l’édifice de la rue de Bienville, ayant deux enfants en bas âge, souhaitait depuis longtemps récupérer son local pour y agrandir sa demeure.
Parallèlement, Claire Voisard, et ses filles Stéphanie et Sabrina Baran, qui dirigent l’Illusion, désiraient trouver un endroit leur offrant le potentiel de développer des projets futurs, comme la construction d’une deuxième salle de spectacle. Après cinq ans de recherches et de découragement, « la perle rare », telle qu’elles l’appellent, a finalement été découverte dans le quartier La Petite-Patrie, tout près du métro Beaubien. L’entente conclue consiste en une location avec possibilité d’achat, pour la bâtisse et le stationnement adjacent, qui accueillera éventuellement, une nouvelle aile.
« Notre emplacement sur le Plateau est spécial, car on est en plein secteur résidentiel et on fait vraiment partie de la vie de quartier. Ce qu’on fait, c’est vraiment du théâtre de proximité. Les gens s’arrêtent pour nous demander ce qu’on fait et souvent, les enfants, qui sont venus voir une pièce avec la garderie, reviennent avec leurs parents la fin de semaine. Mais on cherchait un lieu mieux adapté aux besoins des spectateurs et des créateurs. On voulait un endroit qui permette de garder un côté un peu magique ayant une ambiance très chaleureuse, intime et conviviale, contrairement aux autres grands théâtres », explique Sabrina Baran, codirectrice artistique.
Les nouveaux locaux seront à peine plus vastes que ceux de la rue de Bienville (2000 pieds carrés comparativement à 1500). Toutefois, ils comporteront des améliorations majeures permettant de mieux répondre aux besoins particuliers de la jeune clientèle, comme l’ajout de toilettes, pour faciliter la venue de grands groupes d’enfants.
En attendant les oiseaux
L’arrivée prochaine des « oiseaux » à Rosemont est attendue par la communauté. Pour preuve, une mère qui fréquente le théâtre et qui enseigne l’art plastique à l’école secondaire Père-Marquette a proposé à ses élèves de fabriquer des sculptures de papier mâché, représentant des volatiles mythiques.
« C’est tellement touchant! Ce sont des oiseaux que l’on retrouve dans nos contes, comme le phénix, le cygne blanc, l’oie d’or… Les jeunes ont vraiment fait des chefs-d’œuvre », soutient Stéphanie Baran, chargée de développement.
Ce lien privilégié avec la communauté est primordial pour l’équipe. Afin de le conserver avec ses voisins du Plateau, et de le tisser avec son futur entourage de Rosemont, elle compte les impliquer activement dans le processus. Un blogue et une page Facebook ont été créés pour permettre aux gens de suivre l’évolution du projet, tandis qu’une campagne de financement, intitulée « Les grands oiseaux de l’Illusion », vise à amasser les 226 700 $ que coûteront le déménagement et l’aménagement du bâtiment. À ce jour, 12 % de cette somme ont été récoltés.
Pour souligner cette « migration », une marche déambulatoire symbolique, à laquelle est convié le grand public, se tiendra à la mi-juin, pour faire le voyage entre les deux « nids » de l’Illusion. Le transfert officiel, quant à lui, est prévu pour le 1er juillet.
Pour en savoir plus sur le théâtre Illusion, sa programmation, son déménagement et sa campagne de financement, on visite le illusiontheatre.com, le facebook.com/illusiontheatre et le twitter.com/illusiontheatre.