Visite guidée dans un Mile End en plein changement
Premier arrêt : l’école des Premières lettres, sur l’avenue de Gaspé, juste au nord de l’avenue Laurier. Pour la prochaine année scolaire, l’établissement déménagera ses pénates près du Collège français, sur la rue Waverly. Le bâtiment, quant à lui, sera complètement rasé pour faire place à une centaine d’unités de logement social.
« Cette bâtisse-là appartient à la Ville et est actuellement louée à une école privée. On va possiblement aller vers un projet de démolition. Si on avait plutôt choisi de déshabiller l’école et de garder le squelette, pour rénover la structure, ça ne nous aurait donné que 60 unités. On s’enligne aussi pour faire du logement familial (trois ou quatre chambres), car si on avait fait que de plus petits logements, de toute façon, on n’aurait pas pu en faire plus que 140 », mentionne M. Ryan.
Un dossier en ce sens devrait bientôt être déposé à l’arrondissement par le groupe de ressources techniques et la coop Mile End.
« On est prêts à le regarder favorablement laisse savoir le conseiller, indiquant que d’autres projets verront bientôt le jour, notamment celui de la Familiale, sur la rue Drolet, et l’inclusion de 32 unités dans le projet de condos sur le terrain de l’ancien concessionnaire Clermont, à l’angle des rues Saint-Denis et Saint-Grégoire.
Le projet de logement social et de garderie est prévu pour la fin 2014.
Bain Saint-Michel
Nous nous dirigeons ensuite vers le bain Saint-Michel. Un projet pour convertir cet endroit en lieu de diffusion culturelle mijote du côté de l’administration locale.
« C’est une bâtisse qui appartient à la Ville de Montréal et le service de la culture a levé le flag. On a reçu plusieurs demandes de la part d’Infinity theater, POP Montréal et d’autres groupes multidisciplinaires regroupés au sein de la coalition pour le bain Saint-Michel. Il y en a beaucoup qui l’utilisent pour des activités culturelles émergentes . Mais comme il n’y a pas beaucoup de rénovations qui se sont faites, c’est dangereux », explique-t-il.
L’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal aimerait mettre la main sur cet édifice, pour lui donner une vocation culturelle communautaire. Toutefois, le projet en est à ses premiers balbutiements, insiste M. Ryan. Le cas échéant des rénovations majeures de mise aux normes devront être faites. Celles-ci pourraient coûter des millions de dollars.
« C’est la Ville qui paierait. Elle doit prendre ses responsabilités face au bain Saint-Michel », avertit-il.
Mégastructures
Le troisième arrêt se fait au pied des mégastructures de l’avenue de Gaspé. Si le cas des deux propriétés d’Allied est réglé, il reste celui des autres bâtiments industriels à finaliser.
Le contrôle intérimaire, adopté le 5 mars 2012, sera bientôt altéré et devra être remplacé par un règlement permanent, , annonce M. Ryan. Rappelons que celui-ci visait une modification au plan d’urbanisme de la Ville de Montréal, pour le secteur délimité par le boulevard Saint-Laurent à l’ouest, la rue Henri-julien à l’est, la rue Maguire au sud et les voies du Canadien Pacifique au nord. La mise en place de ce nouveau cadre réglementaire limitait la superficie et l’emplacement de certaines activités mettant en péril la présence des ateliers d’artistes.
« Les buildings en face des 5445 et 5455, de Gaspé sont encore dans le contrôle intérimaire. Les propriétaires voulaient négocier quelque chose avec Pied carré et Ateliers créatifs. Or, depuis décembre dernier, il n’est plus question de sortir du contrôle intérimaire, car on est trop avancé quant aux modifications au plan d’urbanisme [de la Ville de Montréal]. La zone visée est déjà délimitée », explique-t-il.
Impossible d’en savoir plus sur la teneur des changements qui seront dévoilés prochainement. Toutefois, M. Ryan indique qu’aucune entente comme celle conclue avec Allied n’est prévue. Il invite toutefois les propriétaires immobiliers, les artistes et artisans pourront négocier au « cas par cas ».
« Ça va être un règlement aussi sévère. On peut supposer que l’on va agir sur la superficie des locaux et les usages », se contente-t-il de répondre.
Dans le Champ
La balade se termine au Champ des possibles. D’ici la mi-mai, l’arrondissement prévoit annoncer le changement de zonage de ce terrain vacant laissé en friche, faisant en sorte que celui-ci sera désormais considéré comme étant un espace vert. La portion du terrain appartenant à Allied Properties, en bordure de l’avenue Henri-Julien a également été acquise et sera annexée au parc.
Quant aux deux bandes de terrain qui longent la voie du Canadien Pacifique, il n’est pas encore question de les intégrer au champ.
« C’est dans notre intention, mais il ne faut pas aller trop vite. On sait pour l’instant que les terrains ne seront pas construits, car ils appartiennent à la Ville », indique-t-il, souhaitant protéger la « cabane » qui scinde ce corridor en deux. Il croit que cet endroit pourrait être propice à de l’agriculture en bac, comme cela se fait déjà dans le champ, malgré le fait qu’on tente de garder celui-ci à l’état sauvage.
La création de l’allée Saint-Viateur, au sud du parc, est toujours dans les cartons de l’administration locale. Toutefois, son aménagement se fera de façon « plus organique » que ce qui était initialement prévu aux plans présentés au printemps dernier. La disposition des sentiers cycliste et piéton ont été interchangés et l’espace « place publique » se trouvera plutôt sur la parcelle de l’ancien terrain d’Allied. Des plantations seront aussi faites pour créer un écran entre cette voie de transit et le champ. C’est l’organisme Les Amis du Champ des possibles sera responsable de la gestion du terrain.
Pour voir le Mile End au travers la lentille de notre photographe Isabelle Bergeron, visionnez notre galerie photos.