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Papa là-bas, papa ici, papa toujours

Dans le cadre de la première Semaine Québécoise de la Paternité (10 au 16 juin), l’Hirondelle, un organisme communautaire travaillant à l’accueil des nouveaux arrivants et à leur insertion socio-économique, organisait un brunch à la veille de la fête des Pères à l’Espace La Fontaine pour souligner l’importance des pères immigrants dans l’intégration de la famille dans la société d’accueil et le développement et le bien-être des enfants. Le Journal Le Plateau a rencontré deux d’entre eux.

Mohamed El Nahdi

Père de trois enfants, Marocain, arrivé au Québec en août 2009

Comment décriviez-vous votre premier contact avec le Québec et les Québécois?

(MN) – Nous sommes arrivés ici en plein été, donc c’était vraiment agréable. J’étais accompagné de mon épouse et deux de mes enfants. Le dernier est né ici en 2011. J’ai été impressionné le climat et les gens. Ils avaient beaucoup de liberté. J’ai eu la chance d’avoir un ami ici qui nous a hébergés pendant un mois et demi. Cela nous a beaucoup aidé le temps que nous trouvions un logement à nous.

Avez-vous trouvé ça difficile d’émigrer du Maroc pour vous installer ici?

(MN) – Oui, surtout le changement de climat. Le premier hiver je suis tombé malade. Par contre, je m’y suis habitué. J’ai aussi trouvé difficile d’entrer en contact avec les Québécois. Heureusement, grâce aux activités organisées par l’Hirondelle, comme les parties de hockey ou les visites faites aux ainés qui nous expliquent l’histoire et la culture du pays, nous nous sommes rapprochés des Québécois.

Que faisiez-vous au Maroc et que faites-vous maintenant?

(MN) – Au Maroc, j’étais inspecteur aux impôts pendant 23 ans. Maintenant je finis un diplôme en comptabilité et gestion. Malheureusement, j’ai dû reprendre mes études une fois ici. J’ai décidé de faire mes études en anglais pour maîtriser cette langue.

Que pensez-vous de la fête des Pères?

(MN) – Au Maroc, nous n’avons pas de fête des Pères. C’est une expérience nouvelle pour moi. En décidant de venir Québec, je voulais offrir une meilleure qualité de vie et une sécurité à mes enfants. Je suis donc réjouie de les voir s’intégrer aussi rapidement.

Dzokou Marcel Alex

Père de trois enfants, Camerounais, arrivé au Québec en mars 2013

Comment décriviez-vous votre premier contact avec le Québec et les Québécois?

(DA) – Pour l’instant, c’est plutôt bien. Les gens sont accueillants. C’est vrai que ce n’est pas toujours facile, mais c’est normal. Les débuts sont toujours comme ça. Je suis très optimiste pour l’avenir.

Pourquoi avoir choisi d’émigrer au Québec?

(DA) – C’est en regardant sur le site Immigration Québec que j’ai vu les opportunités qui s’offraient à moi et à ma famille. L’une d’elles, c’est l’éducation. Je voulais permettre à mes enfants de faire de grandes écoles.

Est-ce que vous avez une déception?

(DA) – Ce qui m’a le plus choqué, c’est qu’on a rétrogradé mes enfants d’un an. Ils s’ennuient terriblement dans leurs classes. Par exemple, un de mes garçons était en deuxième année au Cameroun. On l’a mis en maternelle. Il oublie graduellement les apprentissages qu’il avait faits.

Dans votre rôle de père, est-ce que votre immigration a changé quelque chose?

(DA) – Non, on a gardé le même quotidien. Je vais au travail. Une fois de retour à la maison, je m’assure que les enfants révisent leurs leçons ou font leurs devoirs. Les divertissements sont peut-être différents, mais pour l’instant c’est que je ne les connais pas encore tous. Par contre, dans mon pays on n’a jamais pensé à fêter les Pères. On consacre beaucoup plus la femme et la mère. J’aime beaucoup cette idée de reconnaître la place qu’occupe le père.

L’Hirondelle, situé au cœur du Plateau, offre plusieurs services de soutien aux nouveaux arrivants. Pour plus d’information : http://www.hirondelle.qc.ca ou (514) 840-3198.

Rémy-Paulin Twahirwa

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