Mercier & Anjou

Un nouvel appel à la démolition du cinéma Paradis

Le cinéma Paradis est le premier cinéma qui a été acheté par Angelo Guzzo. Photo: Jason Paré/Métro Média

Infologis de l’Est de l’Île de Montréal a lancé récemment une pétition réclamant la démolition de l’ancien cinéma Paradis. L’organisme de défense des droits des locataires souhaite que des logements sociaux soient construits sur le site de cet immeuble abandonné depuis 2009.

Infologis demande au propriétaire de cet ancien cinéma, Vincenzo Guzzo, de vendre son terrain de la rue Hochelaga, dans Mercier-Est.

«En ce moment, il n’y a rien qui peut l’obliger, admet l’organisatrice communautaire d’Infologis, Lili Bergeron. La Ville pourrait mettre son droit de préemption, mais ce n’est pas un terrain à vendre. On est comme coincé un peu partout.»

Elle croit que s’il y avait des plaintes indiquant que l’endroit est dangereux, les citoyens pourraient faire pression pour contraindre M. Guzzo à démolir l’endroit.

«J’ai mentionné aux citoyens dans une publication Facebook d’appeler le service d’incendie pour qu’il vienne faire des inspections», soutient la conseillère de Tétreaultville, Suzie Miron.

En revanche, la conseillère concède que des inspections ont déjà eu lieu par le passé et que selon les rapports produits, le cinéma Paradis n’est pas dans un état suffisamment critique pour que l’arrondissement puisse exiger une démolition.

«C’est un lieu qui est réquisitionné par Infologis depuis longtemps. On le revendique pour du logement social parce que c’est un lieu à l’abandon.»

Lili Bergeron, organisatrice communautaire d’Infologis

Une question de taxes, selon Guzzo

Joint par Métro, Vincent Guzzo reconnaît qu’une démolition du bâtiment lui permettrait de faire des économies en taxes foncières.

«Sauf que quand on nous a donné le permis pour stripper tout l’intérieur, une des conditions était qu’on n’avait pas le droit de démolir la bâtisse, parce qu’on ne voulait pas perdre ces taxes foncières.»

M. Guzzo n’a pas refait de demande depuis. Aujourd’hui, il n’a pas l’intention de le démolir, car selon lui, il perdrait des droits acquis, dont celui d’être rattaché au bâtiment adjacent, ce qui pourrait lui faire perdre de l’espace pour son projet d’immeuble à logements.  

Changement d’administration

Le propriétaire des cinémas Guzzo aimerait construire un immeuble à logements de cinq étages sur le site de l’ancien cinéma Paradis, mais il affirme que son projet a été refusé par l’arrondissement.

Suzie Miron explique de son côté que l’arrondissement n’est pas complètement fermé au projet, mais qu’il attend le dépôt d’un projet en bonne et due forme.

«Dans ce secteur, le plus haut, c’est trois étages. Il faut vraiment faire une demande de dérogation, et M. Guzzo ne l’a pas fait.»

N’empêche, M. Guzzo dit préférer attendre l’élection d’une administration plus intéressée par son projet.

«Je ne vois pas la pertinence de dépenser de l’argent avec une administration qui n’est même pas prête à se commettre de me laisser faire une bâtisse de cinq étages.»

Dans tous les cas, Infologis s’oppose au plan envisagé par M. Guzzo, estimant qu’il ne répond pas aux besoins du quartier. L’organisme veut un projet exclusivement dédié au logement social, chose qui serait impossible sous la gouverne d’un promoteur privé.

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