Découvrir l’hiver pour la première fois
En 2002, Liliana Torres doit quitter la Colombie pour des raisons de sécurité. Sa vie ainsi que celle de sa fille sont en danger. Elle est alors dirigée vers l’ambassade canadienne.
« Je voulais rester sur le continent. Les autres endroits, comme l’Espagne, étaient trop loin. Je me disais que si on devait quitter notre pays, pourquoi devions-nous aussi quitter notre continent? », se rappelle Mme Torres.
À ce moment, tout ce qu’Elle sait du Canada, c’est qu’il y neige et qu’il y fait très froid. « Le monde pensait que notre animal de compagnie allait être un pingouin au lieu d’un chat ou d’un chien et qu’on allait vivre dans des igloos », indique la mère.
Mme Torres et sa fille Camila, alors âgée de 11 ans, débarquent à en sol québécois, le 24 octobre 2002. Elles y font leur première rencontre avec des bénévoles et avec la fraîcheur.
« Quand on est arrivée à l’aéroport, les bénévoles nous ont donné des gants, des manteaux, des foulards, etc. On s’est dit qu’il devait faire froid et c’est ce que l’on a constaté en allant à l’extérieur. Ils n’avaient pas de bottes à notre taille, alors nous portions nos bottes colombiennes. Je les trouvais tellement chaudes là-bas, mais elles ne l’étaient vraiment pas pour ici. C’était le genre de souliers que vous portiez au début de l’automne. Pour vous, c’était encore du temps confortable alors que pour nous, c’était glacial », fait-elle valoir.
« C’était assez froid. On avait eu les vêtements d’hiver à l’aéroport et on les a mis dès qu’on est arrivée à l’hôtel. On se faisait regarder bizarrement dans la rue. On n’avait aucune idée de ce qu’était la température au Québec », se souvient Camila, en riant.
La première neige
Un des plus beaux moments hivernaux qu’elles ont connus est lorsqu’elles ont vu de la neige pour la première fois.
« On est sortie jouer dans la neige, comme des enfants. On était tellement contente, se remémore Camila. J’avais trouvé cela froid et beau. »
Cette première neige a émerveillé le duo, habitué à des températures de 20 degrés Celsius. Les deux Colombiennes d’origines habitant aujourd’hui à Montréal, ont aussi connu leur premier Noël blanc.
« En Colombie, il fait chaud et tout le monde se réunit dehors pour Noël. Aujourd’hui, je ne peux pas imaginer un Noël sans neige », affirme Mme Torres.
La rudesse et la longueur de l’hiver a cependant eu le dessus sur l’euphorie des premiers jours.
« C’est très différent de la Colombie. Je savais qu’il y neigeait, mais pas autant. La quantité de neige et la durée de l’hiver ont été impressionnantes. On était contente pour le premier mois, mais après, on regardait par la fenêtre du demi-sous-sol où on habitait et on se demandait quand ça allait partir », mentionne Camila.
« Comme tout bon Québécois, on s’est mis à chialer qu’il faisait trop froid et que c’était trop long, vers la fin de l’hiver », mentionne Mme Torres.
Plus de 10 ans après leur déménagement forcé, la famille colombienne s’est acclimaté à leur nouveau chez-soi.
« Je ne pourrais plus endurer un climat chaud comme en Colombie. Je trouve que c’est quelque chose de bon d’avoir plusieurs saisons, car ça fait des changements dans l’année », maintient Camila.
« Le Québec, c’est chez nous. La Colombie est un chapitre fermé », soutient Mme Torres.