Soutenez

Dessiller, la mort approche

La mort et la maladie sont des sujets difficiles à aborder, mais ça n’a pas empêché Sylvie Cotton d’en faire le sujet de son exposition Dessiller, présentée à la maison de la culture Maisonneuve, jusqu’au 16 février.

« Les artistes servent à parler des vraies choses, comme le temps, l’espace, l’amour et la mort. Le vieillissement, la mort et la maladie; on oublie souvent que ça existe. On préfère ne pas y penser. On vieillit sans trop s’en rendre compte, mais quand on va être en fauteuil roulant, il n’y aura plus de rien. C’est un choc », indique la Hochelagaise.

Pendant huit semaines, l’artiste a visité les pensionnaires de la maison Saint-Joseph, un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). C’est dans cet environnement médical que l’artiste s’est inspirée des regards, des discussions et de l’atmosphère pour créer son exposition.

« Ça faisait longtemps que je rêvais d’aller dans des écoles et interagir avec les jeunes. Quand Serge Marchetta, le directeur artistique de C2S arts et événements, m’a invitée dans une résidence pour personnes âgées, j’étais un peu déçue, mais, finalement, je suis contente de l’avoir fait

« Je voulais aller voir les gens malades et passer du temps avec eux. Après j’écrivais, je dessinais et je réfléchissais sur ce que j’avais vécu. J’ai pris des photos chaque semaine de ce que je faisais, de ce que je voyais et de qui je rencontrais. J’ai voulu laisser des traces. Ce sont des pistes pour la recherche. Il y a un rappel que la mort approche. Ce n’est qu’une question de temps pour vous et pour moi », souligne-t-elle.

Mme Cotton mentionne qu’il y a de nombreuses histoires sous-jacentes à ses œuvres. L’une d’elles se retrouve dans la photo d’un débarras où s’entassent chaises, bureaux et fauteuils.

« Ça fait référence au corps humain. Le centre n’a plus besoin de chaises, car les patients sont tous en fauteuil roulant. Alors, les chaises s’empilent », explique-t-elle.

L’artiste a entamé un projet similaire; cette fois-ci, dans un hôpital pour enfants mourants. Un livre sera publié à la fin de cette activité.

« La mort touche aussi les enfants. C’est naturel », soutient-elle.

L’exposition Dessiller se poursuit jusqu’au 16 février, à la maison de la culture Maisonneuve (4200, rue Ontario). Une table ronde sur les approches relationnelles et les projets d’insertion artistique dans divers contextes se déroulera le 13 février, de 17 h à 19 h, à la maison de la culture.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.