Un château de glace à Hochelaga-Maisonneuve
À l’entrée, M. Marcotte a recueilli les sapins de Noël jetés par les Hochelagais. Cette petite forêt de conifères accueille les visiteurs dans sa création à toit ouvert. Après avoir traversé la porte, on pénètre dans le salon, où des bancs de glace garnis de coussins permettent de profiter d’un moment de détente autour d’un feu. Si on s’aventure dans l’antre du château, on découvre un bar ainsi qu’une deuxième pièce.
Le quinquagénaire n’en est pas à sa première confection glaciale. Depuis maintenant trois ans, il passe ses hivers à créer ces sculptures.
« Dans le passé, j’ai fait un igloo fermé avec cuisine et salon. Une fois, j’y ai même installé une télévision. C’était agréable, avoue M. Marcotte. Le décor change aussi tout au long de l’hiver. Ça dépend de la température et des chutes de neige, ce qui fait que je peux avoir un décor différent trois fois par saison. »
À Montréal, les quantités de neige peuvent souvent varier. Pour s’assurer d’une source continue de matériel, M. Marcotte a trouvé une ressource à proximité.
« Derrière chez moi, il y a le site de soins prolongés Grace Dart, alors j’ai de la neige en quantité s’il m’en manque. Les patients voient le château de leur fenêtre. Ils ont hâte que je commence à le construire », indique-t-il.
Le résident ne s’arrête pas là. En été, il métamorphose sa cour en paradis tropical. Hutte de paille, petite plage, bassin pour tortues et plantes s’amoncèlent pour créer un lieu exotique à quelques pas de sa demeure.
Une santé chancelante
Ce projet a germé dans l’esprit de l’Hochelagais lorsque son état de santé s’est dégradé sérieusement.
« J’ai eu un cancer du côlon, il y a huit ans. J’ai été alité pendant plus de deux ans. Les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie ont détruit mes muscles. Quand j’ai commencé à me rétablir, il fallait que je sorte et m’active un peu », souligne-t-il.
M. Marcotte a toujours été un homme actif dans sa vie professionnelle et dans ses loisirs. Il a alors dû trouver une nouvelle façon de se garder en forme.
« J’ai de la difficulté physiquement. Aujourd’hui, je ne peux plus travailler. Je voulais trouver une solution à mon problème. Je n’avais pas beaucoup de sous et l’intérêt de la neige était toujours présent. J’ai commencé petit à petit », raconte-t-il.
À une fréquence de trois heures par jour, M. Marcotte se rend dans son atelier extérieur pour travailler sur sa construction. Même si sa santé précaire lui demande de longues périodes de détente, il continue de passer le plus de temps possible dans son château.
« C’est vrai que j’ai mal partout après, mais ça me fait du bien. Ça me donne de l’énergie positive et m’empêche de m’isoler dans ma maison. C’est très valorisant. J’ai mon paradis pas très loin. Je vais arrêter seulement quand ma santé ne me le permettra plus », affirme-t-il.
M. Marcotte invite la population à visiter son château de glace avant l’arrivée du printemps (1433, rue Vimont).