Disparition de Sébastien Métivier : 30 ans de combats
« Dans un dossier comme celui de Sébastien, je suis considérée comme un cold case. Je ne suis aucunement reconnue par le système. Pourtant je vis de la détresse psychologique, mais je n’ai pas de services pour m’aider à faire mon deuil. Il faut corriger les lacunes du système », affirme Mme Sirois.
Dans les années 1980, l’Hochelagaise avait déposé une pétition de plus de 9000 noms à l’Assemblée nationale afin de créer une escouade spéciale destinée à prévenir et à résoudre les cas d’enlèvement, qui relève actuellement de la section des crimes majeurs.
« Je n’ai jamais reçu de nouvelles après le dépôt. Je ne vais pas laisser tomber. Je vais recommencer le processus. Les crimes majeurs s’occupent aussi des assassinats, ils doivent alors prioriser les dossiers. S’il y a un meurtre, ils laissent les cas d’enlèvement de côté. Il faut des gens dédiés à ceux-ci », soutient l’Hochelagaise.
Elle souhaite aussi faire reconnaître les droits des familles d’enfant disparu.
« Nous n’avons droit à aucun soutien de la part du gouvernement. Les veuves d’un conjoint assassiné ont accès à des ressources, mais pas nous. Pour que les femmes aient droit à ces services, il a fallu qu’une d’entre elles se batte au départ. C’est ce que je vais faire pour ce dossier », indique-t-elle.
Un organisme
En 2013, Mme Sirois a décidé de fonder l’organisme les Amis de Sébastien Métivier afin d’offrir un soutien aux familles, mais aussi pour se rappeler des disparus.
« Les familles ont besoin de se regrouper. J’ai créé l’organisme afin qu’on n’oublie pas Sébastien, mais aussi tous les enfants disparus. D’où le nom, les amis de Sébastien Métivier », laisse-t-elle valoir.
Plusieurs activités sont organisées par l’organisme au cours de l’année, notamment un kiosque d’information au festival des Savoirs partagés. Des terrains ont aussi été réservés au cimetière Saint-François d’Assise pour les enfants disparus et décédés.
« Les familles n’ont pas toujours les moyens de payer pour l’enterrement de leur enfant. Nous avons réussi à obtenir 10 terrains qui permettront à des parents de mettre en terre leur progéniture dans l’honneur », souligne-t-elle.
De plus, Mme Sirois a fait la demande à l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve afin qu’un coin lecture de la bibliothèque Hochelaga ou Maisonneuve soit nommé en l’honneur de son fils.
« Mon fils n’est pas un kleenex ni une légende urbaine. Lui aussi était un citoyen du quartier et il ne faut pas l’oublier. »
Le conseiller de Hochelaga, Éric Alan Caldwell, a mentionné qu’il irait de l’avant dans la commémoration de Sébastien, mais que la forme n’était pas encore définie.