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La fin des élections scolaires

Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Les élections scolaires dans leur forme actuelle seront finalement abolies. Une décision qui est loin de faire l’unanimité au sein du milieu scolaire.

«Nous ne laisserons pas le gouvernement priver la population d’un palier démocratique enraciné dans le développement des régions du Québec, a lancé Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Nous n’accepterons jamais que sans débat, pour des raisons qui sont loin de viser une meilleure qualité de l’enseignement, qu’il abolisse le droit des citoyens de choisir, au suffrage universel, ceux à qui nous voulons confier la gestion de nos institutions scolaires.»

«On se sent méprisée par le ministre», ajoute la commissaire scolaire de Hochelaga-Maisonneuve, Diane Beaudet.

Cette décision est prise à la suite du faible taux de participation des dernières élections scolaires, où moins de 5% de la population sont allés aux urnes. Un élément qui est loin d’être représentatif de la participation scolaire, estime la commissaire.

«Lorsqu’un parent m’appelle en larmes pour m’expliquer son problème, je ne lui demande pas s’il a voté. Je vais l’aider.»

Nouveau modèle
Le ministre de l’Éducation, François Blais, a annoncé l’abolition de ce mode de scrutin, mais n’a pas encore dévoilé ce qui remplacera les commissaires scolaires.

«On ignore vers quoi on s’en va. Le gouvernement ne nous écoute pas et il refuse de venir nous voir. Les comités administratifs n’ont pas la même passion, le même dévouement ni les connaissances des commissaires», souligne Mme Beaudet.

La FCSQ et l’élue déplorent le manque d’ouverture du gouvernement. «Il est fermé à la discussion. Il nous impose une décision sans nous consulter. Nous devrions trouver une solution ensemble», estime la commissaire de Hochelaga-Maisonneuve.

Le ministre Blais laisse entendre que les élus scolaires pourraient être remplacés par des conseils d’administration composés de parents, d’élus municipaux et des représentants des établissements scolaires.

«Ce sont les élections scolaires, qui ont une faible reconnaissance de la population, qui posent problème en ce moment au Québec. On peut se donner des organisations démocratiques, avec des personnes qui reçoivent des mandats des communautés, sans passer par le suffrage universel», a expliqué le ministre Blais, au congrès de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Cette solution inquiète grandement Mme Beaudet ainsi que la FCSQ. «Le système public d’éducation doit continuer à appartenir à la population et non pas à quelques personnes nommées par le gouvernement, ouvrant ainsi la porte à des nominations partisanes», déclare Mme Bouchard.

Selon la FCSQ, la démocratie scolaire représente 0,16% du budget total des commissions scolaires.

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