Une paroisse veut louer son presbytère pour s’en sortir
En difficulté financière depuis plusieurs années, la paroisse Sainte-Gertrude de Montréal-Nord veut mettre en location son presbytère. Elle espère en tirer un revenu stable pour combler son déficit.
Les appels aux dons, les quêtes, les friperies et autres ventes de blé d’Inde ne suffisent plus. «On n’arrive plus à s’en sortir, c’est triste», soupire la marguillère, Doris Smaha.
Ces dernières années, le déficit s’est creusé. Alors que les dépenses annuelles oscillent autour de 175 000$, un chiffre constant, les revenus n’ont cessé de diminuer. De 182 000$ en 2013, ils ont chuté à 160 000 l’an passé, en raison, principalement, d’une massive baisse des dons des fidèles.
Une location partielle ou complète envisagée
«Ceux qui nous donnent de l’argent regardent leur portefeuille, ils voient le coût de la vie augmenter et pensent d’abord à leur loyer, leur famille, explique le curé Ronald Legerme. On ne peut plus se fier à ces offrandes, c’est trop fluctuant. Il nous faut une source de revenus plus fiable afin de construire un budget.»
Le curé, en poste depuis deux ans, a une idée: la location partielle ou complète de son vaste presbytère de deux étages accolé à l’église, composé notamment de six chambres à coucher, de trois bureaux, d’une cuisine, de deux salons et d’une grande salle à manger.
«Selon les offres reçues, je suis même prêt à déménager», assure l’occupant des lieux, qui espère convaincre en priorité des organismes de bienfaisance, des maisons de retraite ou une communauté religieuse.
«Mais je n’exclus rien», reprend-il, répétant qu’il est ouvert à toute proposition.
75 000$ espérés
Pour envisager l’avenir sereinement, Ronald Legerme mise sur «un revenu fixe annuel de 75 000$», tout en précisant qu’aucune estimation de la bâtisse n’avait encore été faite. «Mais avec cette somme, le problème serait résolu».
«On roule au strict minimum»
Alors que la paroisse embauche trois personnes à temps plein, dont une secrétaire présente depuis près de 20 ans, et une à temps partiel, le curé voit dans cette location la seule solution pour résorber son déficit.
«On ne fait pas de folie, il n’y a aucune dépense superflue. On a regardé pour réduire des salaires, on ne peut plus rien faire. On ne va quand même pas couper l’orgue. Une messe sans musique, ce ne serait plus une messe», assure Ronald Legerme avant de préciser que trois bénévoles chantent déjà chaque dimanche.
De nombreux travaux de rénovation ont également été reportés ces derniers mois, faute de budget. La réparation de la toiture de l’église, causant des infiltrations d’eau, attendra, tout comme le remplacement des fenêtres ou encore le ciment à poser pour retaper des marches abimées devant l’entrée.
Cette mise en location du presbytère est attendue «le plus vite possible».