La famille Persillier Lachapelle
Dès le début de la colonie, il rédige les actes de vente, de mariage, de successions et d’autres documents légaux. Il protège ses clients des faussaires, connaît les lois et donne de judicieux conseils. Alors que la majorité des notaires exercent en milieu rural, les avocats pratiquent davantage en ville.
Cette profession attire de plus en plus de jeunes dans les premières décennies du 19e siècle pour des raisons économiques et de prestige social. En 1820, le Bas-Canada comptait 57 médecins dont seulement 19 Canadiens-français. Certains médecins du Sault ont marqué l’histoire.
Docteur Jules-Nestor Chopin
Le docteur Jules-Nestor Chopin, père du poète René Chopin, pratique la médecine pendant 36 ans au Sault tandis que le docteur Hector Pelletier s’établit au Sault en 1897. Médecin et chirurgien, il mettra au monde 2 500 bébés durant sa carrière, mais ne sera jamais père lui-même.
La Maison du docteur sise au 1995, boulevard Gouin, au fini de stuc bleu est construite en 1866, fut habitée par le docteur Jules-Nestor Chopin, puis par le docteur Hector Pelletier. La maison est la propriété des descendants de Joseph Beauchamp, qui fut chauffeur du docteur Pelletier dès sa tendre jeunesse.
Les indispensables complices des médecins, les infirmières, sont moins connues. Cette profession a longtemps été l’apanage des religieuses et il faut attendre à la fin du 19e siècle pour que certains hôpitaux offrent aux femmes une formation en soins infirmiers, ce que fit l’hôpital Notre-Dame en 1897.
À cette époque, d’autres professions s’offrent aux jeunes ambitieux. D’abord cantonnés à l’armée, les ingénieurs travaillent à la construction de canaux, de chemins de fer ainsi que dans les chantiers maritimes, les brasseries et les fonderies. De plus en plus d’emplois sont également offerts aux arpenteurs et aux architectes.
Pour les habitants du Sault, comme pour le reste du Québec, les occasions d’affaires se multiplient au tournant du 19e siècle. Mais pour devenir entrepreneur, il faut posséder des idées, de l’initiative et beaucoup de volonté, sans compter des ressources financières et un bon réseau de contacts.
La famille Persillier-Lachapelle
De toutes les familles du Sault, seuls les Persillier-Lachapelle accèdent à la haute bourgeoisie dans la première moitié du 19e siècle. Pascal Persillier-Lachapelle père fut le premier à faire fortune. D’abord maître tanneur à la côte des Neiges, il fait de judicieuses acquisitions et diversifie ses activités. Il fait bâtir le pont Lachapelle à Cartierville en 1834 ; ce pont a été refait trois fois depuis.
La Maison Persillier-Lachapelle sise au 2084, boulevard Gouin est bâtie en pierre des champs de type monumental, construite vers 1840 dans le style » cottage anglo-normand » à deux étages, la restauration ayant fait disparaître la galerie qui la ceinturait jadis sur quatre côtés. On explique dans certains milieux les dimensions de cette maison par le fait que son propriétaire d’alors, Paschal Persillier dit Lachapelle, aurait agrandi une maison datant du début du XIXe siècle, mais rien ne permet de l’affirmer avec certitude. Il était propriétaire des moulins qui se trouvaient alors sur la jetée reliant l’île de la Visitation à l’île de Montréal.
Son fils est le premier propriétaire privé des moulins du Sault-au-Récollet de l’ile de la Visitation de 1837 à 1853. Il a aussi fait construire un pont à l’emplacement où on trouve le pont Papineau-Labelle depuis 1970.
Emmanuel Persillier-Lachapelle, né à Montréal-Nord en 1845 et décédé à Montréal en 1918, est un médecin québécois. Membre fondateur (1872) et directeur (1876-1882) de la revue L’Union médicale du Canada, il fut l’un des artisans de la fondation de la Faculté de médecine de l’Université Laval à Montréal (1879), puis de l’Hôpital Notre-Dame, destiné à la formation clinique des étudiants de la Faculté (1880).
Lors de l’épidémie de variole qui frappa Montréal en 1885, il prit position pour la vaccination obligatoire aux côtés du maire de Montréal, le docteur William Hales Hingston. Élu président du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec en 1898, il y mena plusieurs réformes destinées à établir une véritable déontologie médicale. Il quitta cette fonction en 1907 pour devenir doyen de la Faculté de médecine de l’Université Laval à Montréal.
Docteur Paul Lizotte
Aussi à Montréal-Nord, dès 1943, le Dr Paul Lizotte entreprend sa carrière professionnelle. Il achète un terrain pour la modique somme de 65 $. Il devient directeur du service municipal de santé (1943-1959), ce qui lui permet de servir une clientèle nombreuse et fidèle. Il travaille inlassablement six jours par semaine et partage son temps entre ses rendez-vous au bureau, ses matinées à l’hôpital et ses visites à domicile. Le Docteur Lizotte pratique aux hôpitaux Sainte-Jeanne D’Arc, Saint-Luc, Saint-Michel et Saint-Vincent-Marie. Propriétaire d’une grande résidence qu’il a fait construire boulevard Saint-Michel, il reçoit ses clients au rez-de-chaussée. De 1955 et 1981, le Dr Lizotte supervise le Centre d’accueil Paul Lizotte sis au 6850, boulevard Gouin, à Montréal-Nord.
Le Dr Lizotte est né le 23 juillet 1917, à Saint-Éloi, dans le comté de Kamouraska. Fils de Jules Lizotte et de Léda Quesnel, il épouse Simone Belzile, le 13 novembre 1944, à Saint-Éloi. Ils adoptent cinq enfants. Comme médecin, il fut appelé un jour sur les lieux d’un accident. Il constata que la victime était son enfant. Le docteur Lizotte décède à Saint-Laurent le 25 juin 1995.