Gangs de rue : intervenir à la racine du problème
S’ils sont actifs partout dans l’arrondissement, les travailleurs de rue du CJM entendent intervenir particulièrement dans le secteur de la rue Pascal, dans l’Est. « Cette rue, point central dans ce secteur, est considérée comme un point chaud à Montréal-Nord où une certaine criminalité s’est installée et où les résidents vivent un fort sentiment d’insécurité », explique Slim Hammami, coordonnateur au CJM, dans la demande de financement déposée à l’arrondissement.
« La présence et la permanence du travail de rue amènent une notion de liens de confiance, de solidarité et de stabilité pour ces jeunes qui cherchent autant à fuir constructivement des problématiques que peuvent engendrer l’adhésion à une gang de rue qu’à obtenir un soutien constant », justifient aussi les administrateurs du CJM.
Le CJM rappelle qu’il peut compter sur un atout de taille afin d’approcher et mettre en confiance les jeunes qui sont à risque : Beauvoir Jean, ex-membre de gang de rue, lequel est employé par l’organisme depuis qu’il a fini de purger sa dernière peine de prison et qu’il a décidé de changer de vie. L’activité principale du projet consiste en la présence continue de deux travailleurs de rue, qui, avec le soutien du personnel de l’organisme, « auront à infiltrer les quartiers et les groupes de jeunes ciblés afin de faire des contacts et d’établir des liens significatifs avec ceux-ci » peut-on lire dans la demande de financement.
Après une série de règlements de comptes entre gangs de rue, en 2004, la ville avait mis en place un comité visant à se pencher sur cette problématique dans différents secteurs. Diverses mesures avaient été mises en place et le financement de groupes communautaires travaillant sur le terrain est l’une d’entre elles. À Montréal-Nord, le projet de travail de rue du CJM est celui à qui l’on a consenti le plus important budget depuis huit ans, soit plus de 660 000 $ de 2006 à 2013.