Pour que cesse l'insécurité alimentaire
L’événement va rassembler près de 70 personnes qui discuteront du bilan et des réalisations d’un projet financé par la Direction de la santé publique (DSP), des enjeux de l’accès à l’alimentation et de pistes de solution à appliquer dans le futur. Des 65 inscriptions reçues à ce jour, une vingtaine proviennent de citoyens et les autres d’organismes, de tables de concertation et d’acteurs de soutien.
Si des mesures de dépannage alimentaire d’urgence existent déjà dans le quartier, avec par exemple des banques alimentaires, l’initiative en sécurité alimentaire Montréal-Nord 2008-2012, financée par la DSP, visait plutôt à développer des solutions globales et à long terme, dans une perspective de développement durable.
C’est dans ce contexte que les représentants de plusieurs organismes communautaires et publics se sont rencontrés ces trois dernières années, dont ceux de l’Accorderie, du Centre d’action bénévole, d’Entre-parents, de Parole d’exclues, de l’Épicerie solidaire de l’Est, de Montréal-Nord en santé, du Centre de santé et de services sociaux d’Ahuntsic et Montréal-Nord et du Regroupement citoyen de l’Îlot Pelletier. Un agent de mobilisation avait été embauché grâce à la contribution financière de la DSP, des dizaines de rencontres ont eu lieu et des projets ont vu le jour.
Des projets inspirants
C’est d’ailleurs à l’Îlot Pelletier qu’un de ces projets a attiré le plus d’attention, soit un grand jardin collectif entretenu par les citoyens de l’endroit qui pourront maintenant aller cueillir, dans leur cour arrière, des fruits et des légumes frais. L’épicerie solidaire de l’Est, une autre initiative citoyenne, mais non subventionnée, et dont les membres peuvent recevoir des paniers d’épicerie à faible coût, des groupes d’achat collectifs ou alors des marchés publics temporaires ont également jeté les bases d’un meilleur accès à des aliments sains ces dernières années. Maintenant, c’est une Coopérative de solidarité de distribution alimentaire qui est sur les planches à dessin. Elle permettrait à ses membres, citoyens ou organismes, de bénéficier de prix réduits pour l’achat d’aliments.
« Nous souhaitons fonder la coop au courant de l’année 2013, mais d’abord, il faut terminer la phase deux du plan d’affaire qui va se pencher plus spécifiquement sur le modèle opérationnel de l’entreprise », explique David Dufour, chargé de projet en mobilisation en sécurité alimentaire à l’organisme Parole d’excluEs, qui supervise cette initiative. L’idée de mettre sur place un marché public permanent est aussi dans l’air, mais le soutien de l’arrondissement sera nécessaire pour ce qui touche l’infrastructure, croit M. Dufour, qui verrait bien un regroupement d’organismes communautaires gérer ce marché qui serait fourni par des agriculteurs de la couronne nord de Montréal.
Mais pour ce qui est du rendez-vous nord-montréalais sur la sécurité alimentaire, il ne sera pas question de dresser une liste d’épicerie de nouveaux projets à développer. « On vise plutôt à jeter les bases d’une vision commune et partagée du développement de l’accès à l’alimentation pour l’arrondissement. La charité par le dépannage, bien que nécessaire à un certain niveau et dans certains contextes d’urgence, est un puits sans fond. Il faut collectivement trouver des solutions alternatives durables au problème d’accès alimentaire. »