RIP Union Montréal
Certains se demanderont qu’est-ce qu’il faisait toujours là, des années après qu’eurent commencé les accusations de corruption sur Union Montréal. D’autres se demanderont pourquoi il est parti même s’il s’était engagé à être resté jusqu’à la toute fin. Chose certaine, Deguire a quitté sa formation politique et vient de faire un pas de côté qui lui permettra de refaire ses calculs avant de décider de la suite des choses.
Ou peut-être la suite est-elle déjà écrite? Tout le monde à Montréal (et même à Ottawa) attend que Denis Coderre, le député fédéral de Montréal-Nord, annonce sa candidature à la mairie de la grande ville. On sait, par ailleurs, que de nombreux conseillers municipaux orphelins attendent impatiemment une place son équipe, advenant que Coderre choisisse de mettre sur pied un nouveau parti. Deguire sera-t-il du nombre? On le saura bientôt.
Deguire pourrait aussi décider de prendre sa retraite. Mais avouons que cela serait un peu surprenant : il appartient d’une espèce qui a une longue espérance de vie politique. Ses deux prédécesseurs à la mairie de Montréal-Nord, Yves Ryan et Marcel Parent ne se sont pas contentés d’un seul mandat en dépit de leur âge avancé. Digne d’un caudillo latino-américain, Ryan s’est rendu à dix et est resté en poste durant 38 ans…
Mais Deguire sait qu’il n’aura jamais la réputation d’un Yves Ryan. S’il décide de se représenter, il aura besoin de choisir le bon cheval. On sait que son numéro 2, le conseiller de ville Jean-Marc Gibeau, ne faisait plus partie de son clan au sein d’Union Montréal. Les verra-t-on dans un face-à-face pour la mairie de Montréal-Nord en 2013?
Parmi les autres conseillères, Chantal Rossi a suivi Deguire et, selon le journaliste Claude Giguère, une deuxième conseillère serait sur le point d’en faire autant. Si j’étais amateur de paris, je mettrais un p’tit 2$ sur Monica Ricourt qui, comme Deguire, provient de l’entourage de l’ex-députée Line Beauchamp. Quant à Clementina Teti-Tomassi, ça pourrait être la fin.
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J’ajoute trois remarques sur la politique nord-montréalaise.
Primo, la possibilité de voir un peu de mouvement chez les élus de Montréal-Nord est très intéressante. Cela pourrait rappeler aux citoyens et aux citoyennes que les élus ne sont pas des gestionnaires, mais occupent des charges politiques, avec des visées politiques, et qu’il faut que les programmes mis de l’avant au conseil municipal soient au diapason de notre population. Présentement, plusieurs l’oublient, ils sont devenus cyniques ou fatalistes devant la mainmise d’une minorité sur l’Arrondissement.
Segundo, la politique municipale est à ce point bizarre, la participation y est si faible, qu’il est impossible d’exclure l’élection de représentants d’Union Montréal sur l’Île si ce parti prend part aux prochaines élections municipales en dépit des révélations de la commission Charbonneau (il ne reste plus que 32 des 66 élus de 2009).
Tertio, le problème fondamental à Montréal-Nord est ailleurs. Les candidats qui se bousculeront pour avoir une place dans l’équipe Coderre si elle est créée, ou dans celle d’une équipe Applebaum si ce dernier survit jusque-là ne remettront pas en question la façon de faire de la politique municipale. Ils viendront se greffer à des véhicules moribonds d’une politique municipale de peu d’altitude.
Il n’existe pas (encore?) de mouvement citoyen à Montréal-Nord pour changer cet état des choses et alimenter une incursion vers ce palier de gouvernement. Par conséquent, aucun parti politique municipal ne s’éloignera de l’orbite libérale s’il est un prétendant sérieux aux cinq sièges de la mairie de Montréal-Nord.
Et pour cause, comme le dirait le maire indépendant de notre arrondissement : « Montréal-Nord, c’est tissé serré ».
Montréal-Nord, le 26 février 2013
Guillaume Hébert
Pour me joindre : ted_hebert@yahoo.fr