L'art d'accompagner de nouveaux parents
C’est alors que ces nouveaux arrivants, en provenance du Népal, ont été référés par le CSSS à la Fondation de la visite, qui offre un service gratuit de soutien à domicile et d’accompagnement aux femmes enceintes et aux parents de nouveau-nés originaires d’ici et d’ailleurs.
« C’était difficile de se faire comprendre au début. La fondation nous a aidés à faire entendre nos voix. Des intervenants sont venus à la maison et ont évalué nos besoins », témoigne M. Kafley. Celui qui étudie le métier de soudeur aspire à se trouver un emploi pour subvenir aux besoins de sa petite famille avec Itzel, âgée de six mois. En attendant, il peut toujours compter sur la fondation pour bénéficier d’articles pour bébé redistribués et entrer en contact avec d’autres organismes, mais aussi pour trouver une oreille attentive.
Des parents-visiteurs présents au bon moment
Depuis neuf ans, Gassan Assio est père-visiteur pour la Fondation de la visite. Que ce soit pour effectuer des visites à domicile ou répondre des appels d’urgence, le parent-visiteur est un père ou une mère de famille qui parle plusieurs langues, désire partager son expérience de vie et accompagner des familles dans leur quotidien.
« Souvent, ils ont juste besoin d’être écoutés », souligne M. Assio. Mais parfois, il arrive qu’une famille le contacte très tard le soir ou dans la nuit, parce qu’un père doit accompagner sa conjointe à l’urgence, par exemple. « Pendant ce temps-là, je m’occupe des enfants », indique-t-il.
Les parents-visiteurs, comme M. Assio, sont aussi là pour « éviter que des situations familiales dégénèrent », surtout lorsqu’un parent se sent à bout de souffle. «Il y a beaucoup de familles qui nous disent: » si vous n’aviez pas été là, on ne sait pas ce qui serait arrivé » », affirme Denise Landry, directrice et fondatrice de l’organisme.
La fondation agit aussi de manière préventive pour les jeunes nouveaux parents ou ceux qui ont vécu une enfance difficile. « Ils ont encore des besoins d’adolescent ou ils n’ont pas eu un modèle de parents. Certains n’ont pas reçu beaucoup d’attention et ne savent pas comment en donner à leur enfant », explique M. Assio.
Par ailleurs, l’organisme mise beaucoup sur des activités de rapprochement entre familles, comme des cafés-rencontre, des ateliers de cuisine et des sorties pour que ces dernières forment un réseau d’entraide et ainsi, brisent l’isolement qu’elles peuvent vivre.
Valoriser le rôle du père
Père de trois enfants, M. Assio a choisi de travailler à la fondation parce qu’il considère essentiel la présence du père dans la vie d’un enfant, surtout en bas âge.
« Le père ne doit pas être vu juste comme un pourvoyeur. Son engagement et sa présence sont importants autant pour son bébé que pour sa conjointe. Il doit aussi avoir du plaisir avec son enfant », soutient M. Assio. Celui-ci a d’ailleurs organisé des sorties avec M. Kafley et bébé Itzel pour donner un répit à la mère.
« On a longtemps dit que les nouveau-nés, c’était l’histoire de la maman. Maintenant, ce n’est plus le cas. On remarque que les pères s’impliquent plus qu’avant. L’homme doit parfois s’adapter à de nouvelles réalités et donner des soins au bébé. C’est là que la relation avec l’intervenant [le père-visiteur] devient importante », explique Marie Josée Desrochers, coordonnatrice à l’intervention à l’organisme.
La Fondation de la visite a célébré ses 25 ans d’existence cet été. À cette occasion, l’organisme a lancé le « Guide d’implantation du programme De la visite » pour que d’autres organismes puissent accompagner des familles et former des parents-visiteurs.
L’organisme est déjà présent dans d’autres secteurs de Montréal: Hochelaga-Maisonneuve, Notre-Dame-de-Grâce, Bordeaux-Cartierville, Dorval, Lachine et Hampstead.
En bref
-La Fondation de la visite vient en aide à 450 familles par année.
-Plus de 80 % d’entre elles provenaient d’autres origines culturelles et ont été référés pour des raisons d’isolement social et affectif.
-Au total, 23 parents-visiteurs travaillent pour la fondation à temps plein. Ils s’occupent de six à huit familles par semaine.