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Plongés dans la lecture

Giguère Claude - TC Media
Des élèves de 6e année de l’école Sainte-Gertrude ont vécu une aventure unique lors de laquelle ils se sont plongés dans un roman qui traite de la lecture tout en critiquant la façon de l’aborder et de l’enseigner. Ils ont ensuite choisi des extraits de « Comme un roman » de Daniel Pennac, l’œuvre à laquelle ils s’étaient attaqués en partie, pour s’en inspirer et produire à leur tour des œuvres artistiques étonnantes qui ont été présentées dans une galerie d’art.

Ce livre de Pennac est un hymne à la lecture, une réflexion sur l’acte pédagogique lié à la lecture, explique Chantal Desbiens, enseignante à l’intervention en milieu défavorisé. « Nous avons découvert cet auteur, ses écrits, sa vision et amené l’élève à se forger sa propre opinion sur plusieurs thèmes en lien avec la littérature tels l’entrée du livre dans sa vie, sa vision de la lecture, son impact sur tous les aspects de sa vie, tant aux plans relationnel, social, scolaire, ou personnel ».

Les élèves ont aussi eu à rédiger une lettre à l’auteur pour lui partager leurs impressions et leurs réflexions sur son livre. Le tout a été envoyé aux Éditions Gallimard, en France, et Mme Desbiens continue de talonner la maison d’édition et l’adjointe de M. Pennac pour qu’ils daignent donner signe de vie.

La lecture exposée

L’exposition qui a complété cette expérience a été présentée pendant une semaine, au début du mois, à l’Espace de diffusion culturelle, la galerie du regroupement des Artistes en arts visuels du Nord de Montréal située sur la rue Fleury. Le 7 mai, plus d’une quinzaine d’élèves étaient présents pour parler de leurs créations aux visiteurs. La fierté se lisait sur le visage de plusieurs d’entre eux tout comme sur celle de leur enseignant en arts plastiques, Martin Doyon, ainsi que sur celle de Mme Desbiens et de Valérie Gagné, directrice de l’école.

Les élèves qui ont participé à ce projet avaient pris connaissance des 10 droits du lecteur énoncés par l’auteur Daniel Pennac dans son essai. Ils avaient été invités à en promulguer un 11e et c’est le droit de se servir d’un livre comme matière première de création d’une œuvre d’art qui a été choisi : « Le livre au service de l’art visuel – Se donner le droit de prendre le livre comme un objet afin de le scier, le découper, le coller et le sculpter ». C’est d’ailleurs avec des livres qu’ont été faites les œuvres d’art exposées. Chantal Desbiens a cependant tenu à se montrer rassurante et à spécifier que les livres utilisés ont été achetés dans des brocantes ou des marchés de bouquins usagés.

Les dix droits des lecteurs selon Daniel Pennac, et qui avaient été présentés aux élèves sont les suivants : le droit de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre, de le relire, de lire n’importe quoi, le droit au bovarysme (se prendre pour un des personnages), de lire n’importe où, de grappiller, de lire à voix haute ou de se taire.

Le droit de ne pas lire ou encore de ne pas finir un livre avait semblé charmer quelques élèves quand on leur en a parlé, admet Mme Desbiens, mais plus le processus a avancé, plus les participants se sont prêtés au jeu de la lecture. Il faut dire qu’on ne leur avait pas imposé la lecture de ce roman en entier : des extraits choisis avaient été sélectionnés et, par la suite, chacun des participants a choisi une phrase de laquelle il s’est inspiré pour créer une œuvre d’art.

 

 

 

 

 

 

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