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Un déficit important de places en services de garde

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
Il y aurait environ 900 enfants inscrits sur les listes d’attente des services de garde de Montréal-Nord. Le secteur ouest de l’arrondissement ne compte aucune garderie subventionnée. Les parties centre et est ont eux été témoins d’un accroissement de garderies privées non-subventionnées. Toutefois, il est difficile pour les familles à faible revenu d’en faire usage. Le déficit de places continue donc à augmenter.

Jean-Claude Lavergne, directeur du centre de la petite enfance (CPE) Sainte-Gertrude pavillon l’Archevêque et vice-président de la Table de concertation des services de garde à l’enfance de Montréal-Nord, explique qu’en date du 10 décembre 2010, il y avait 2700 places en services de garde à Montréal-Nord. De ce nombre, 172 places étaient en garderies non subventionnées. Selon lui, un an plus tard, ce chiffre aurait doublé.

Ces garderies privées non subventionnées se sont installées sur le territoire dans l’espoir de se transformer en établissements subventionnés, estime M. Lavergne. Mais elles ont récemment appris que le ministère de la Famille et des Aînés (MFA) n’allait plus autoriser ce type de transformation.

Ainsi, ces places additionnelles vont diminuer le déficit de places et ce même si ces garderies ne se remplissent pas à leur pleine capacité.

Les familles défavorisées du secteur n’auront pas recours à leurs services et demeureront en attente d’une place à 7 $.

Priorité aux résidents de Montréal-Nord

M Lavergne remarque qu’il n’y a aucun CPE en milieu de travail à Montréal-Nord. Les services de garde accordent donc plus de places aux enfants qui habitent le secteur. Les critères d’admission du CPE Sainte-Gertrude ne ciblent pas directement les familles du coin, mais M. Lavergne affirme que 85 % usagers résident à Montréal-Nord. Le CPE Montréal-Nord a quant à lui développé une politique d’admission qui priorise les résidents de l’arrondissement.

Claire Kanaan, directrice générale du CPE de Montréal-Nord et du bureau coordonnateur de la garde en milieu familial, révèle que 27,5 % de leur clientèle reçoit de l’aide sociale. Dans les milieux familiaux, la proportion baisse à 20,72 %.

Sur l’ensemble des services de garde de Montréal-Nord, M. Lavergne déclare que 17 % des clients reçoivent de l’aide sociale.

De plus, la grande majorité des CPE de Montréal-Nord a une entente de collaboration avec le centre de santé et de services sociaux (CSSS) d’Ahuntsic et Montréal-Nord afin d’accueillir les enfants plus vulnérables du secteur.

De son côté, Mme Kanaan remarque que lorsqu’un parent prestataire de l’aide sociale a la possibilité d’envoyer son enfant en milieu de garde, il peut plus facilement reintégrer le marché du travail. « Ça brise leur isolement et dans le cas des nouveaux arrivants, ça leur permet d’entrer en contact avec la langue française », constate-elle.

Les bienfaits pour l’enfant

Il y aussi des bienfaits qui se font ressentir chez les enfants qui entrent en CPE. Présenté en novembre, le rapport sur les inégalités sociales de la direction de santé publique confirme l’effet positif de la fréquentation des services de garde de qualité sur le développement cognitif des jeunes enfants. Il souligne toutefois que la fréquentation doit commencer tôt et être soutenue.

Selon Mme. Kanaan, un enfant a besoin d’au moins deux ans en service de garde avant son entrée à l’école pour lui permettre de se familiariser avec la langue et la culture, le socialiser et lui enseigner l’autonomie. Pourtant, dans plusieurs cas, les parents refusent de prendre une place qui s’est libérée. « Les raisons évoquées sont souvent les mêmes, dit-elle. C’est un coût qu’ils ne peuvent pas absorber et ils ont difficilement accès à l’établissement. Prendre deux ou trois autobus avec des enfants, c’est tout un défi. »

De plus grandes vulnérabilités

Une enquête réalisée en 2008 sur la maturité scolaire des enfants montréalais dévoilait que les enfants de Montréal-Nord présentaient de plus grandes vulnérabilités au niveau de leur préparation pour l’entrée à l’école comparativement aux autres secteurs. Plus spécifiquement, 41,3 % des enfants qui résident dans l’ouest de l’arrondissement démontraient des vulnérabilités au niveau de leur développement cognitif et langagier Le seuil acceptable au Canada avait été fixé à 10 %.

Jean-Claude Lavergne explique qu’il n’y a pas de centre de la petite enfance dans l’ouest. Le CPE Sainte-Gertrude deviendra le premier CPE dans le secteur lorsqu’il ouvrira une installation sur la rue Henri-Bourassa.

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