Le prix des denrées alimentaires
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture célèbrera dimanche, le 16 octobre, la journée mondiale de l’alimentation. Quand on pense à la crise alimentaire, on est porté à se représenter des images du Tiers-monde et aux images d’enfants, au ventre bombé et entourés de mouches. Des stéréotypes que nous renvoie la télé à longueur d’année. Pourtant, près de chez vous…
« Des fois, j’ai tellement faim que j’en ai mal au ventre », me disait une citoyenne de Montréal-Nord la semaine dernière. Détrompez-vous, c’est loin d’être un cas isolé. Je le savais déjà mais j’étais loin d’imaginer l’ampleur de la catastrophe que je toucherai en creusant un peu le sujet.
Tout d’abord, quelques chiffres : en mars 2010, nouveau record, 867 948 personnes étaient aidées par une banque alimentaire au Canada. Parmi elles, 51 % sont des ménages avec des enfants !*
Et détrompez-vous, ce ne sont ni des personnes malchanceuses ou paresseuses. Les mêmes statistiques révèlent que « 17 % des ménages aidés reçoivent un revenu tiré d’un emploi actuel ou récent » tandis que « 7% ont un revenu de pension ».
Près d’un quart des ménages fréquentant une banque alimentaire sont des travailleurs actifs ou à la retraite. Même en travaillant, on ne peut plus se nourrir. Une honte pour un pays riche !
Comment ne pas faire le lien avec cet article du Journal Les Affaires, qui titrait le 14 mai dernier : Écart entre riches et pauvres: le fossé se creuse.
« Une série d’études en arrivent à la même conclusion: depuis les années 80, une large part de la croissance économique a profité aux riches, tandis que les pauvres et la classe moyenne ont vu leurs conditions s’étioler ». Plus loin : « Au Québec (…) la croissance de la richesse s’est concentrée entre les mains des plus riches, au détriment du reste de la population, conclut l’IRIS dans une étude approfondie de la période 1976-2006.
Depuis 30 ans, le revenu des familles les plus pauvres – les 10% les moins nanties – a fait du surplace, même si ces familles travaillent presque 15% de plus, soit l’équivalent de huit semaines additionnelles par année.
Mais la situation est encore plus décourageante pour les familles à faibles et moyens revenus: elles gagnent 10% de moins, alors qu’elles travaillent 13% de plus ».
Comment peut-on tolérer de telles situations ? Que font nos gouvernements pour que cela cesse ? Que faites-vous pour mettre fin à ce drame ?
Patrice Rodriguez
coordination@parole-dexclues.ca
*http://www.banquesalimentairescanada.ca/faitssaillants.htm