Le Noël de la Maison Saint-Laurent
Les ex-détenus de passage à la Maison Saint-Laurent sont en processus de reconstruction. Plusieurs sont en recherche d’emploi et essaient d’envisager un futur avec leur famille.
Noël en famille
Daniel* a récemment intégré la maison. Il a brièvement séjourné en prison et après avoir lutté avec des problèmes de toxicomanie depuis sa jeunesse, il se remet de sa dernière rechute. Pourtant, pendant neuf ans, il a arrêté de boire. « Tout a commencé à aller mal en même temps », dit-il. Il s’est surmené au travail et sa relation avec sa conjointe a connu des moments creux. Alors, il s’est remis à consommer et sa dépendance l’a mené jusqu’en prison.
« J’ai été chanceux, explique-t-il. J’ai écopé d’une petite peine et je suis sorti rapidement. » Il a passé la veille de Noël avec sa conjointe, « en sauvage ». Celle-ci lui fait à nouveau confiance. Le lendemain, il s’est réuni avec ses trois enfants.
Il est conscient que son casier judiciaire laissera des traces. Il doit faire le deuil de la vie professionnelle qu’il avait avant. Mais il songe à se diriger vers un autre domaine; celui de l’intervention en toxicomanie. Pour ce faire, il devra faire un retour à l’école.
Même s’il est un nouveau résident de la Maison Saint-Laurent, Daniel a pu utiliser sa permission de fin de semaine pour retrouver sa famille. Certains liens se développent entre les hommes, mais « je suis rentré ici seul et je vais ressortir seul », résume-t-il.
Un autre Noël seul
Éric* est lui aussi un nouveau venu de la maison de transition. Il ne désirait pas s’y retrouver, mais au bout de quelques jours, il a réalisé qu’il avait pris la bonne décision. Sa tête balançait entre une autre option; la liberté illégale.
Il a passé la moitié de sa vie dans les pénitenciers. « Ça fait beaucoup de Noël passés loin de ma famille, dit-il. C’était une ambiance très lourde. Je suis fait fort, mais le soir de Noël, je devenais plus fragile ».
Cette année, Éric n’a pas pu revoir sa famille. La Cour lui interdit tout contact puisque son père et son frère ne seraient pas de bonnes fréquentations. « Ça me fait beaucoup de peine, avoue-t-il. J’aurais voulu montrer à mon père mon diplôme d’études secondaires et mon diplôme de cours d’informatique que j’ai eu en dedans. »
Un Noël discret
Le jour de Noël, trois membres du personnel de la Maison Saint-Laurent ont travaillé et changé les idées à ceux qui n’avaient nulle part où aller. Le « party de Noël » a eu lieu le 13 décembre alors l’évènement a été souligné de façon plus discrète.
*Les noms utilisés sont des noms fictifs.