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La paix et la sécurité sans les préjugés

J’ai eu le privilège d’assister la semaine dernière, le 22 mars, à un colloque sur la Paix et la sécurité à Montréal-Nord. L’événement avait un caractère sélect dont j’ai pris conscience lorsque des partenaires que je côtoie au quotidien, et qui n’avaient pas été invités, se sont gentiment moqués de moi. Je n’ai pas bien compris la finalité de l’exercice ni sa portée, mais j’ai découvert des personnes fort intéressantes et appris des choses surprenantes

La salle de la Maison culturelle et communautaire était remplie de notables et autres personnes respectables en tout point, toutes très attentives aux présentations des conférencières et conférenciers. L’exposé d’une chercheure, rattachée au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), m’a particulièrement surpris. Il portait sur la violence conjugale et intrafamiliale à Montréal-Nord.

Ce qui m’a étonné, ce n’est pas le fait que la grande majorité des victimes de violence conjugale soient des femmes. Pas besoin de grandes études pour en être convaincu. Posez la question à votre voisine, lisez les grands titres de certains journaux populaires, regardez les nouvelles à la télé, on y étale ad nauseam des histoires de femmes maltraitées par un conjoint jaloux ou ivrogne, quand ce n’est pas les deux. Et qui, dans son entourage proche, familial ou professionnel, n’a pas pris connaissance de telles situations ?

Non, ce qui m’a étonné, c’est que cette étude révèle que la violence familiale, à Montréal-Nord, est largement dominante dans la population d’origine québécoise, très loin devant les Québécois d’origine haïtienne ou latino-américaine.

Curieux, j’ai fait mes recherches. C’est une manie chez moi, je n’aime pas parler à travers mon chapeau. Je suis tombé sur une autre étude du SPVM, Portrait de la criminalité de violence conjugale à Bordeaux-Cartierville, publié en décembre 2011. On y lit à la page 9, « Dans seulement 10 % des cas, la victime ou le suspect est un nouvel arrivant au pays ».

Alors, je me suis demandé pourquoi j’étais si étonné par de telles données. La réponse s’est vite imposée : « C’est parce que tu as des préjugés ! ».

Je ne sais pas s’il ressortira quelque chose de concret de ce colloque, mais j’y ai acquis la conviction que la lutte contre les préjugés qui faussent notre jugement est une condition sine qua non pour qu’une communauté se développe dans la Paix et la sécurité.

Patrice Rodriguez

coordination@parole-dexclues.ca

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