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Évacuation des résidents de Le Pascal

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
Une bâtisse mal entretenue, un logement condamné et une dette écrasante. La coopérative Le Pascal est en bien mauvais état. Mais la quarantaine de résidents qui y habitent ne se doutaient pas que dans quelques mois, ils perdraient leur chez-soi. Depuis le 23 février, l’avis de fermeture affiché dans le hall d’entrée suscite beaucoup de questions et d’inquiétudes.

Une étude environnementale aurait été menée dans le bâtiment résidentiel et aurait relevé des particules de moisissure dans l’air. Le problème se serait d’abord présenté dans le sous-sol puis il se serait propagé aux étages.

« Personne n’a vu le rapport sur la qualité de l’air, déplore Lise Lemaire, résidente de l’immeuble depuis 36 ans. Pas même le conseil d’administration. » Elle soupçonne qu’une évaluation aurait été conduite dans sept logements inhabités alors que la bâtisse comporte 48 adresses au total. Comme bien d’autres, elle doute qu’un tel test puisse être concluant.

Tous les résidents étaient présents à l’assemblée extraordinaire tenue le 7 mars et tous voulaient savoir pourquoi la Société d’hypothèques et de logement (SCHL) ne leur accordait que jusqu’au 30 juin pour se reloger (depuis cette rencontre, la SCHL a prolongé l’échéance jusqu’au 30 septembre). Certains d’entre eux sont âgés ou à mobilité réduite, et une grande majorité habite les lieux depuis des années, soit assez longtemps pour se demander pourquoi un entretien régulier n’a pas été fait.

L’une des gestionnaires, Mathilde Fraga, a avoué que la coopérative traîne le problème de moisissure depuis au moins six ans. À ce moment, une inspection avait été faite et avait révélé que des travaux urgents étaient à faire. Certains logements du rez-de-chaussée étaient libres dû au problème de contamination fongique et les travaux auraient nécessité des fonds allant jusqu’à 2 M$. Cependant, personne n’a voulu leur prêter l’argent. Trop endettée et par faute de moyens, la coopérative a dû repousser les délais dans lesquels elle allait effectuer les travaux de décontamination.

Plusieurs locataires ignoraient l’étendue des problèmes et ils se demandent maintenant pourquoi l’administration leur parlait d’un plan de sauvetage s’échelonnant de deux à quatre ans, il y a de ça quelques mois.

« La Coop est propriétaire de l’immeuble donc les responsabilités d’entretien et de gestion retombent sur les résidents », leur a-t-on répondu.

Informé qu’une quarantaine de citoyens sont actuellement à la recherche d��un loyer abordable, le comité logement de Montréal-Nord n’interviendra pas puisqu’il assure que la SCHL a suivi le protocole. Néanmoins, les résidents paniquent à l’idée d’un déménagement précipité.

D’éventuels condos?

Un autre aspect qui soulève beaucoup d’interrogations est le futur de la bâtisse du 6376, rue Pascal. La SCHL a admis qu’aucune décision n’avait été prise à cet égard. Elle a toutefois affirmé que le lot ne sera pas transformé en tours de condos. « Si l’immeuble est à vendre, nous le proposerons d’abord aux organismes communautaires pour la construction de logements sociaux », ont-ils assuré. Les anciens locataires de Le Pascal auront-ils une priorité d’accès? La SCHL n’a pas été en mesure de répondre.

Possibilités de logement

La SCHL a annoncé, lors de la rencontre, qu’une aide financière allant jusqu’à 750 $ sera accordée à chaque ménage pour couvrir les frais de déménagement et la vingtaine de personnes qui ont une subvention gouvernementale la conserveront. Mme Fraga a aussi été mandatée pour faciliter la transition des locataires vers d’autres logements. Elle devrait les accompagner dans leurs démarches et la SCHL a promis de leur fournir des pistes vers des immeubles présentant des vacances. Selon leurs dires, il y aurait beaucoup de possibilités de logements dans le quartier. Ces mesures n’apaisent pas complètement les locataires qui réclament plutôt un délai d’un an pour quitter leur demeure.

Lucien Morin habite Le Pascal depuis 1987. Il partage un loyer de 617 $ avec un colocataire. L’homme consulte maintenant les petites annonces à la recherche d’un logement qui lui coûterait ce qu’il lui coûte pour vivre à la coopérative. « Je n’ai pas trouvé de 3 1/2 en bas de 480 $ », s’insurge M. Morin, qui doute d’en trouver un qui lui offrirait les mêmes conditions de vie que celles qu’il a dans son logement actuel.

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