55% d’appui pour Cap Nature
Trois semaines après que l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) ait conclu que le projet Cap Nature, qui prévoit 5500 nouveaux logements dans Pierrefonds-Ouest, manque d’acceptabilité sociale, un sondage révèle que 55% des résidents de Pierrefonds-Roxboro, qui sont au courant du plan de développement, l’appuient.
Réalisé par la firme Synopsis pour le compte des promoteurs à la fin septembre, le coup de sonde démontre également que le projet immobilier est mal connu dans l’arrondissement alors que 62 % des 602 répondants n’en avaient jamais entendu parler.
Par ailleurs, 87% des participants lors de la consultation de l’OCPM sur l’avenir de Pierrefonds-Ouest, étaient en faveur de la conservation intégrale du territoire visé par Cap Nature.
De leur côté, les promoteurs déplorent que seulement 29% des participants qui avaient révélé leur lieu de résidence étaient des résidents de Pierrefonds-Roxboro. Près de la moitié des 262 participants n’ont pas divulgué de lieu de résidence.
«Il y a un fort appui au projet à Pierrefonds-Roxboro. Selon le sondage de Synopsis, plus de la moitié des résidents de l’arrondissement sont favorables parmi ceux qui sont au courant de son existence. Ça va à l’encontre de ce que l’OCPM affirme en termes d’acceptabilité sociale», indique le porte-parole du projet Cap Nature, Adam Daifallah.
Opposants
Du côté de Sauvons l’Anse-à-l’Orme, le groupe citoyen qui a recueilli près de 20 000 signatures en opposition au projet est surpris que les promoteurs aient choisi de sonder uniquement les résidents de Pierrefonds-Roxboro.
«Le projet va avoir un impact sur l’ensemble de l’Ouest-de-l’Île. L’environnement, la protection des zones humides et la biodiversité sont des préoccupations internationales. Tous les habitants de l’île devraient avoir une voix dans ce dossier», fait valoir Sue Stacho.
Le sondage révèle aussi qu’une fois mis au courant des détails du projet par les sondeurs, 72% des répondants se disaient favorables au projet immobilier.
«Mais ils n’ont pas dit à ces gens ce qu’ils perdraient. On les a seulement sondés sur un magnifique projet immobilier avec 30% de logements abordables et sociaux, et tous les bons côtés du projet. Mais est-ce que les gens sont au courant qu’on risque de perdre le dernier grand espace vert non-protégé sur l’Île de Montréal», se demande Mme Stacho.
Annoncé pour la première fois en 2015 par l’administration du maire de Montréal, Denis Coderre, le projet prévoit 1500 logements sociaux ou abordables.
«On entend souvent des gens dire que les maisons sont trop chères à Montréal. Les gens déménagent sur la Rive-Sud ou ailleurs en raison de ça. Si on veut des maisons abordables, il faut construire. C’est une revendication de beaucoup de jeunes familles», souligne M. Daifallah.
La décision finale d’aller de l’avant ou non avec Cap Nature sera prise d’abord par la prochaine administration municipale, selon l’approbation à l’arrondissement du prochain Programme particulier d’urbanisme (PPU). Celui-ci devra ensuite être autorisé par la ville-centre.
L’OCPM suggère de revoir l’avenir du territoire de 185 hectares visé par le projet immobilier et d’inclure tant les citoyens que les environnementalistes dans le processus.