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Pointe-Claire: le bar Le Pionnier vendu

Pointe-Claire: le bar Le Pionnier vendu
Photo: Photo: Cités Nouvelles/François Lemieux

L’ancien bar Le Pionnier, à Pointe-Claire, a changé de mains la semaine dernière. Le promoteur Gregory Koegl, qui planifie démolir l’immeuble pour le remplacer par des condos, en a officiellement pris possession. Il a jusqu’au mois d’avril pour déposer un plan de rénovation acceptable pour la municipalité.

La décision de Diane Marois a suscité un tollé depuis mai. Les derniers mois ont été difficiles pour la propriétaire du bar. Elle espère que la vente du Pionnier servira d’avertissement à la population qui, selon elle, n’a pas suffisamment soutenu son commerce.

«Si vous n’appréciez pas vos entreprises locales, vous ne devriez pas vous plaindre si elles ferment. Mon chiffre d’affaires n’a pas du tout augmenté lorsqu’on a commencé à parler de vente. Les gens pouvaient influencer la décision, mais personne ne l’a fait. Les manifestations, pétitions et publications sur les médias sociaux ne paient pas le loyer», indique-t-elle.

Une pétition en ligne circule afin de sauver le bâtiment, qui fut construit au tout début du XXe siècle. Plus de 3600 personnes l’ont signé à ce jour.

Ils sont contre le projet immobilier comprenant 15 condos, trois maisons de ville et quatre commerces.

Après avoir approuvé la démolition du bâtiment, le 9 août, le Comité de démolition de la ville a reçu 86 demandes d’appel de cette décision.

Le 2 octobre, les élus de Pointe-Claire ont annoncé que la firme de M. Koegl, Gestion Koebra, devra respecter le caractère historique et patrimonial du Village de Pointe-Claire s’il veut que son projet soit approuvé.

Sauvegarde du patrimoine
La Société pour la sauvegarde du patrimoine de Pointe-Claire, qui a notamment présenté une demande d’appel au Comité de démolition, a été au cœur du combat pour la préservation de l’édifice.

Le président, Michel Forest, ne perçoit toutefois pas la transaction de façon négative. «Ça ne change pas la donne. La lutte pour sauver le Pionnier est encore en cours et aussi pour protéger le Village. M. Koegl va faire face à la même opposition qui est là depuis l’été», soutient-il.

La Société compte profiter du processus de consultation publique sur l’avenir du Cillage de Pointe-Claire, le Programme particulier d’urbanisme (PPU) et le Code villageois, qui se poursuivra jusqu’au 23 janvier, afin de faire valoir son point de vue.

«Si on construit des condos de trois étages dans le Village, c’est une question de temps avant qu’il n’y ait plus de valeur patrimoniale. L’hôtel Pointe-Claire rappelle le souvenir de l’époque de la villégiature qui a amené les premiers anglophones à découvrir Pointe-Claire et s’y installer ensuite. On est prêt à aider si un acheteur veut le restaurer», souligne-t-il.

Paul Parfett, qui possède un garage situé près du Pionnier, souhaite acheter le bâtiment pour en faire une attraction gastronomique et musicale haut de gamme. Il mentionne avoir eu une rencontre avec le nouveau propriétaire du Pionnier, la semaine dernière.

«M. Koegl est un homme d’affaires. Il m’a donné l’impression que, si on parvient à stopper son projet de condos, il serait disposé à vendre le bâtiment au plus offrant. Il m’a dit qu’il n’y avait personne d’autre d’intéressé en ce moment, outre des spéculateurs qui pourraient vouloir acheter la propriété et attendre jusqu’à ce que la Ville n’approuve un projet», explique M. Parfett.

M. Koegl n’a pas retourné les appels des Cités Nouvelles avant l’heure de tombée.