Derrière le miroir de l’école des Sources
Plus de 225 étudiants de la première secondaire de l’école des Sources à Dollard-Des-Ormeaux ont participé à la campagne Derrière le miroir de l’organisme Équilibre qui prévient les problèmes liés à la préoccupation excessive du poids.
Le projet lutte contre le modèle de beauté unique trop souvent représenté dans l’industrie de la mode, des médias et de la publicité.
Sous forme d’atelier ludique, les jeunes ont été sensibilisés à la cause le 10 avril. L’infirmière scolaire Lynne Poirier, initiatrice de l’événement, trouve le sujet primordial.
«Encore aujourd’hui, 60% des jeunes ne déjeunent pas. La problématique de l’image corporelle est présente. Les jeunes reçoivent beaucoup de messages forts, ce n’est pas facile pour eux. La différence n’est pas acceptée, la compétition sociale est présente. À leur âge, ils développent leur identité personnelle et physique, ça les affecte, c’est important d’en parler.»
Derrière le miroir démontre aux adolescents les standards irréalistes de beauté de l’industrie, souvent guidée par le logiciel de retouches Photoshop. Les différents modèles de beauté à travers les années ont été discutés.
Garçons anorexiques
«Ce n’était pas le genre d’atelier où tu t’endors, dit en riant Fatima Ezzarha Taha, étudiante de 12 ans. C’était captivant de voir la façon dont la beauté traverse les époques. Ça nous démontre qu’il y a plus qu’une sorte de beauté. L’atelier donne de la confiance en soi à ceux qui ne s’acceptent pas.»
L’animatrice de l’atelier Catherine Desforges a ressenti beaucoup d’intérêt de la part du public attentif. «Le modèle de beauté unique n’est pas uniquement sur le poids, souligne-t-elle. L’école des Sources est multiethnique, les jeunes étaient particulièrement interpellés par le manque de diversité, ils ne se sentent pas représentés.»
Peu importe les préjugés, les garçons sont autant touchés par l’image corporelle, selon l’infirmière scolaire. «Cet atelier est aussi important pour les garçons. Il y a un culte du corps, ils vont au gym, veulent des muscles, consomment des protéines. Les jeunes me demandent parfois quand ils vont grandir. J’ai aussi rencontré des garçons anorexiques, c’est une réalité!»
Prix IMAGE/in
Durant la tournée des écoles, l’organisme Équilibre invitait les jeunes à voter pour le Prix IMAGE/in qui félicite les entreprises québécoises en faveur d’une représentation saine et diversifiée du corps dans le monde de la mode, des médias et de la publicité.
«On œuvre dans la prévention, explique Mme Desforges. Cette génération qui a des écrans partout dans leur vie ressent une pression forte face à l’image. Il faut encourager les entreprises québécoises qui font une différence pour changer les choses avec un peu de bonne volonté.»
Les finalistes sont Voyou et Blank, La troupe de théâtre Mic-Mac de Roberval, Les Productions Point de mire et TV5, Les Éditions de l’Homme et Elle Québec.
«C’était une très bonne idée d’atelier, conclut Mariam Issa, étudiante de 13 ans. C’était vraiment intéressant et surtout inspirant de nous faire comprendre que nous ne sommes pas obligées de respecter les standards pour être belles.»
Informations : www.derrierelemiroir.ca