Île-Bizard: Des citoyens veulent préserver les abords du parc nature
Du chemin du Bord-du-Lac on peut voir la pancarte à vendre installée sur le terrain d’une superficie de quatre millions de pieds carrés. L’espace ayant déjà servi de golf appartient à Mme Ginger Petty. Il est à vendre au coût de 6M$, presque cinq fois plus élevé que la valeur de l’évaluation foncière. Depuis l’été, l’agence de services immobiliers JLL a installé une affiche où on peut lire «Pour développer / résidentiel».
Des citoyens inquiets de voir apparaître un projet immobilier de plus de 100 maisons sur le terrain zoné résidentiel ont créé l’Association pour la protection des espaces verts de l’Île-Bizard. Une pétition est également en ligne. Ils estiment que ce type de développement aurait un impact négatif sur la faune et la flore de L’Île-Bizard. Ils réclament que la Ville de Montréal achète le terrain pour l’annexer au parc-nature.
«On a créé l’association pour sauver ce terrain qui représente un des grands espaces verts qui restent à L’Île-Bizard, à part les golfs, explique la résidente Marie-Chantal Scholl. Il fait partie d’un secteur identifié par la Ville de Montréal comme ayant une grande valeur écologique. Certains animaux y trouvent leur habitat et s’y nourrissent. J’ai vu depuis 1976 l’île se transformer d’une communauté agricole toute petite à une banlieue développée. Là, je trouve que c’est assez le développement. Ce qu’on apprécie de L’Île-Bizard, c’est son cachet champêtre. Si on continue à développer il n’y aura plus d’espaces verts.»
Inquiétudes partagées
Le maire de l’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Normand Marinacci, partage les inquiétudes des résidents et pousse aussi de son côté pour que la Ville de Montréal achète le terrain. En 2001, avant les fusions, alors que M. Marinacci en était le maire, la Ville de L’Île-Bizard avait acquis 3,6 millions pieds carrés de terres situées de chaque côté de ce terrain. Demeurées des espaces verts, ces terres acquises appartiennent à la Ville de Montréal.
«Si la ville pouvait acheter la portion de Mme Petty, ça viendrait boucler la boucle et on serait vraiment content», mentionne M. Marinacci.
Achat par Montréal?
Du côté de la Ville de Montréal, le responsable des grands-parcs, Réal Ménard, confirme que la municipalité a un intérêt à acquérir le terrain. «La Ville s’est engagée à préserver et accroître l’étendue des milieux naturels sur son territoire. Une négociation est en cours relativement à l’achat potentiel du terrain. Pour cette raison, je ne peux commenter davantage le dossier», indique M. Ménard.
La propriétaire Ginger Petty et l’agence immobilière JLL n’ont pas retourné les appels du Cités Nouvelles.
Achat de terrain et taxe spéciale
L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève n’est pas le seul arrondissement ayant un terrain sur son territoire dont on veut préserver l’état naturel ou y garder un accès. Ce fut le cas dans le Sud-Ouest en 2010, alors que cet arrondissement a entamé une démarche pour acquérir un terrain et ainsi préserver un accès au Canal Lachine. L’acquisition d’un petit bout de terrain a entraîné l’imposition d’une taxe spéciale. Il s’agissait de l’achat d’un tiers du terrain de l’ancienne usine Seracon pour y aménager un espace public vert.
Le domaine Petty
– Il abrite des zones humides et inondées, des boisés mixtes et des champs.
– Voisin du parc-nature, il forme une partie intrinsèque de son écosystème et compte dans ses alentours plusieurs aires protégées.
– Le grand marais du parc-nature, considéré l’«habitat le plus riche pour la faune ailée sur le territoire de Montréal», y prend naissance.
– On y trouve également des cédrières qui «sont des refuges hivernaux importants pour le cerf de Virginie et les rapaces» de même qu’une érablière mature d’une valeur exceptionnelle.
– D’une superficie de 93 acres, il est bordé au nord par le chemin du Bord-du-Lac, au sud par le parc-nature du Bois-de-l’Île-Bizard, à l’ouest plus ou moins par la rue Boismenu et à l’est plus ou moins par la 5e avenue.