L'état du pont Jacques-Bizard empire
Le bilan 2013 de l’état des ponts, tunnels et viaducs sous la responsabilité de Montréal permet de constater que la cote de détérioration du pont Jacques-Bizard a augmenté et passe ainsi du 23e au 5e rang des structures les plus dégradées de la métropole. Sa cote atteint 137. En 2012, elle était de 96. À titre de comparaison, la structure qui trône au palmarès des 21 structures dans un état critique est le viaduc Rockland qui relie Outremont à Mont-Royal. Sa cote atteint 276.
L’indice d’état du pont demeure critique, ce qui signifie que plusieurs éléments sont partiellement fonctionnels et qu’une intervention à court terme est généralement nécessaire. Sa structure montre des signes de détérioration au pavage, la dalle et les poutres.
«Plusieurs éléments vont devoir être réparés et les ingénieurs y gardent un œil, mentionne Lionel Perez, membre du comité exécutif et responsable des infrastructures à la Ville de Montréal. Ils ont un plan pour faire les réfections nécessaires à court terme.»
Sécuritaire
«À aucun moment, la sécurité des usagers est en péril, précise M. Perez. L’indice d’état de ce pont est une analyse de l’ingénierie et non du point de vue de la sécurité publique. Je le souligne, car on ne veut pas être alarmiste. Notre priorité est toujours la sécurité, ajoute-il. Jamais on n’aura un compromis sur cela. Par mesure de précaution, on a interdit en mars 2011 l’utilisation de la voie du centre par les camions.»
La ville élabore différentes options pour répondre aux besoins actuels et futurs des automobilistes, des cyclistes et des piétons. «On aura les résultats de cette étude cet automne. Celle-ci va nous permettre de définir les bases à venir du projet de remplacement.»
Pourquoi est-ce qu’on ne devance pas les travaux? «Il y a beaucoup d’éléments nécessaires à analyser avant de procéder à la reconstruction, notamment l’étude des options ainsi que la planification, le plan d’affaires, le processus d’appel d’offres ainsi que les plans et devis», explique Lionel Perez.
Les travaux à court terme seront entre autres pour maintenir les poutres en état. Selon M. Perez, ces ouvrages devraient commencer en 2016.
Intervention du maire
Inquiet de la place où figure le pont Jacques-Bizard dans le classement des 21 structures jugées dans un état critique, le maire d’arrondissement Normand Marinacci a fait des interventions au conseil municipal pour voir si la date de début des travaux majeurs ne peut pas être devancée. «C’est notre seul lien routier, il faut agir rapidement. On me dit que l’horizon est 2017. C’est quand même un gros projet, si on me dit que les travaux vont débuter en 2017, je serais content.»
Depuis trois ans, la date de réalisation de ce projet est toujours repoussée. En 2011, on parlait d’une construction en 2015; en 2012, l’horizon était 2016 et maintenant ce n’est pas avant 2017 qu’on prévoit le début des travaux d’une reconstruction.
Le souhait de l’arrondissement serait de pouvoir garder le pont actuel afin de l’utiliser comme piste cyclable et pour les véhicules d’urgence et d’en construire un nouveau à quatre voies. «On économiserait sur les coûts en démolition et on se garderait une porte de sortie s’il arrive quelque chose. Nous avons poussé cette option.»
Selon le maire le coût estimé pour ce projet de construction d’un nouveau pont est de 46M$. Un 8M$ a déjà été réservé dans le programme triennal de la Ville de Montréal pour les études et les acquisitions.
Le pont Jacques-Bizard
-Il a été construit en 1965
-Il enregistre 40 000 passages par jour
-Cet axe comprend trois voies et une piste cyclable
-Le pavage, la dalle et les poutres montrent des signes de détérioration, selon la dernière inspection datant de novembre 2013
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