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Le projet du Train de l'Ouest sur les rails

Les maires visitent Québec et obtiennent une promesse de 874 millions

Plus d’une dizaine de maires de l’Ouest-de-l’Île et de décideurs d’ici sont montés dans un autobus le 3 avril afin de se rendre à Québec. À leur retour en fin de soirée, un parfum de triomphe flottait parmi les législateurs, après que le ministre des Transports, Pierre Moreau, ait assuré à la délégation que le plan économique triennal leur réservait 874 millions de dollars.

Anciennement député fédéral de Lac-Saint-Louis et député provincial de Nelligan, Clifford Lincoln est à la barre de la campagne de lobbyisme du Train de l’Ouest. L’Annabellevois a qualifié la rencontre de positive alors qu’il se promenait dans les couloirs de l’Assemblée nationale. «Nos trois demandes ont été acceptées. Nous rentrons à la maison avec le sourire», a-t-il précisé.

Le groupe est formé des maires Bill McMurchie (Pointe-Claire), Edgar Rouleau (Dorval), John Meaney (Kirkland), Maria Tutino (Baie-D’Urfé), Francis Deroo (Sainte-Anne-de-Bellevue), David Pollock (Beaconsfield), Claude Dauphin (Lachine), Monique Worth (Pierrefonds-Roxboro), George McLeish (Senneville) et du directeur général du CLD Ouest-de-l’Île, Nicolas Roy. Leurs demandes stipulaient expressément qu’une fois les études d’ingénierie terminées, les trains relient le centre-ville à l’Ouest-de-l’Île toute la journée et ce, jusqu’à minuit; qu’aucune navette aéroportuaire ne soit créée avant d’améliorer le service ferroviaire de banlieue et qu’un représentant du groupe du Train de l’Ouest siège sur le comité consultatif du projet.

«Nous pensions que des projets d’utilité générale, contrairement à celui de navette aéroportuaire, devraient primer et M. Moreau voit les choses du même œil. Je crois qu’il comprend que l’ouest a été négligé», soutient M. Lincoln.

Le député provincial de Jacques-Cartier, Geoffrey Kelley, n’irait pas jusqu’à dire que l’Ouest-de-l’Île a été oublié. Il rappelle les investissements dans les infrastructures existantes, qui ont bonifié la desserte du train Montréal-Vaudreuil : «Mais oui, nous devons faire davantage comme gouvernement pour atteindre les objectifs de Kyoto. Le plus grand défi au Québec est celui du transport en général», a-t-il déclaré en rappelant le sommet atteint par le prix de l’essence, mardi. «Il était à 1,47 $ le litre ce matin quand je suis parti», a précisé le résident de Beaconsfield.

Le ministre Moreau a jugé sa rencontre avec les maires comme étant «très productive» et a ajouté qu’il avait hâte de lire les conclusions de l’étude d’ingénierie d’une valeur de 22 M$, attendues fin 2012.

«Le gouvernement s’est fermement engagé à réaliser ce projet, a révélé M. Moreau. Nous avons mandaté Daniel Johnson pour négocier avec le CN et le Canadien Pacifique afin d’établir un nouveau couloir [pour le tracé évalué].» Le ministre a ajouté qu’il espère de tout son cœur que les coûts du projet ne s’emballeront pas comme ce fut le cas du mal-aimé chantier du Train de l’Est.

Le parcours Montréal-Vaudreuil offre neuf passages aux heures de pointe et seulement cinq passages le reste de la journée. Les embouteillages permanents pour se rendre à Montréal frustrent banlieusards et écologistes.

«[La situation] est dramatique, affirme Tutino. Je connais des gens de Baie-D’Urfé qui partent pour le travail à 6 h du matin afin d’éviter les embouteillages, et ça affecte leur qualité de vie. De plus, je crois que notre population est la 3e plus âgée au Canada. En perdant leur permis de conduire, les aînés peuvent être isolés chez eux et se déplacer devient impossible. Avec le nouveau super hôpital Glenn Yards, ces aînés pourraient confortablement emprunter le train à l’aller comme au retour.»

Le maire de Senneville George McLeish affirme que la desserte actuelle n’est pas à la hauteur. «En un mot, c’est épouvantable. Impossible de rester en ville ne serait-ce qu’un peu en soirée. Montréal est une grande ville à la culture bouillonnante, mais si vous vivez dans l’Ouest-de-l’Île, c’est impossible d’en profiter en soirée à moins de conduire», déplore-t-il.

L’ancien commissaire industriel de l’Ouest-de-l’Île, Georges Nydam, est, tout comme M. Lincoln, l’un des cofondateurs de la campagne du Train de l’Ouest. Il avance que c’est aussi une question d’équité, étant donné les investissements colossaux en transports collectifs dans l’est de la ville, à Laval et sur la Rive-Sud. «Il s’agit avant tout d’équité, de dire Nydam. Le métro se rend maintenant sur la Rive-Sud et à Laval. Qu’en est-il des améliorations apportées aux infrastructures [dans l’Ouest-de-l’Île]?»

M. Meaney affirme que le train constituera un plus pour les étudiants universitaires de l’Ouest-de-l’Île, qui doivent souvent emprunter le véhicule d’un parent afin de se rendre en classe à des heures irrégulières. «Ils vont à l’école à toute heure et bon nombre de ces jeunes prennent finalement l’auto d’un parent ou un deuxième véhicule. Pour faire sortir les gens de leur véhicule, c’est simple : on doit offrir un train fiable, rapide et en dehors des heures de pointe. L’utiliser en ce moment en dehors des heures de pointe est impossible», soutient M. Meaney.

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