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Annie Jolicoeur, une enseignante dévouée

Benoît Philie

L’enseignante de l’école Marguerite-Bourgeoys de Pointe-Claire, Annie Jolicoeur, a été récompensée, le 5 octobre dernier, en recevant un certificat d’honneur dans le cadre des Prix du premier ministre pour l’excellence dans l’enseignement.

Ce prix récompense chaque année une centaine d’enseignants exceptionnels et innovateurs de toutes les disciplines à travers le pays. Les lauréats sont choisis en fonction de l’utilisation novatrice qu’ils font des technologies de l’information et des communications en classe, de l’excellence de leurs méthodes d’enseignement ainsi que de leur capacité à obtenir des résultats exceptionnels auprès des élèves. Pour Mme Jolicoeur, qui enseigne depuis près de 12 ans à des élèves aux prises avec de graves difficultés d’apprentissage, ce prix est une véritable reconnaissance de son travail. «Je ne m’y attendais pas du tout! C’est beaucoup pour moi, je suis encore toute émue», raconte l’enseignante. «Quand on travaille dans une classe, on est un peu dans l’ombre. Surtout en adaptation scolaire, parce que le progrès des élèves est plus lent. Ça peut être décourageant au quotidien», rajoute-t-elle.

Orthopédagogue de formation, Mme Jolicoeur a commencé sa carrière d’éducatrice auprès de jeunes dysphasiques. Depuis quatre ans, elle enseigne toutes les matières à des enfants dyslexiques de l’école Marguerite-Bourgeoys, dans une classe multiniveaux (2e à 5e année). Un métier difficile qui s’est transformé en véritable passion pour elle. «J’aime vraiment enseigner «autrement». Je trouve que l’adaptation scolaire nous permet justement d’aller ailleurs avec les élèves», explique-t-elle.

Sa collègue Madeleine Fauteux, conseillère pédagogique à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, a souvent travaillé avec elle au cours des trois dernières années. Dans son esprit, il n’y a pas de doute, Mme Jolicoeur est une enseignante exceptionnelle. «Annie est passionnée jusqu’au bout des doigts et elle le transmet à ses élèves. C’est tellement agréable de travailler avec elle», confie Mme Fauteux. «Elle méritait vraiment ce prix! Quand on est enseignant, ce n’est pas le salaire qui donne une reconnaissance, mais plutôt l’appréciation par les pairs, comme c’est le cas en ce moment», ajoute-t-elle. 

Une classe, une mission

La mission principale de Mme Jolicoeur est de redonner à ses jeunes étudiants le goût de l’école et une bonne estime d’eux-mêmes. Une tâche difficile si on considère que tous ses jeunes ont environ deux ans de retard académique. «Quand ils arrivent dans ma classe, ils ont souvent une faible estime de soi à cause de leurs difficultés d’apprentissage», explique-t-elle. «Moi je veux les aider à trouver leur voie, à rester sur les bancs de l’école et surtout faire en sorte qu’ils continuent à se sentir bons! », rajoute l’enseignante.

Depuis deux ans, environ cinq étudiants de Mme Jolicoeur sont passés du primaire en classe spécialisée au secondaire régulier. Mme Annie, comme l’appellent ses élèves, a donc les moyens de ses ambitions. Selon Madeleine Fauteux, c’est parce que l’enseignante arrive d’abord à soigner les blessures psychologiques de ses jeunes en leur redonnant confiance en eux et ensuite parce qu’elle leur donne la chance d’apprécier l’école et l’apprentissage. «Je me souviens d’une fois où j’étais en classe avec Annie. Un élève a levé sa main pour nous dire: Ah! Je suis tellement content Mme Annie! J’ai appris quelque chose!», se rappelle la conseillère pédagogique. «C’est un exemple parmi tant d’autres de ce que Annie est capable d’accomplir auprès des jeunes», a-t-elle conclu.

Une enseignante qui innove

Si le Prix du premier ministre est décerné à des enseignants qui font un usage novateur des technologies de l’information et des communications, Mme Jolicoeur était toute désignée pour remporter les honneurs.

«Dans ma classe j’utilise WordQ, un logiciel conçu pour les jeunes dyslexiques. J’utilise aussi tout ce qui est Office, pour faire des projets d’écriture et des Power Points. J’ai aussi un tableau interactif dans ma classe. C’est un outil extraordinaire pour ces enfants-là parce que c’est très animé. On peut faire des liens rapide vers Internet, des jeux, bref, la technologie c’est gagnant avec eux», explique l’enseignante.

Sa collègue, Mme Fauteux, le reconnaît aussi sans aucune hésitation: Annie est une enseignante qui se questionne beaucoup. Elle est toujours à l’affût de comment mieux faire pour aider ses élèves, n’a pas peur d’utiliser les nouvelles technologies et demande à suivre des formations pour être à jour et s’améliorer. «Et c’est une mère de famille en plus! Ce n’est pas facile de gérer tout cela. Je ne suis pas certaine que beaucoup d’enseignants seraient capable d’assurer une telle gestion», rajoute-t-elle

En tant qu’une des 84 récipiendaires d’un Prix du premier ministre au Canada, Annie Jolicoeur recevra un certificat, une épinglette, une lettre de félicitation de la part du premier ministre ainsi qu’une bourse de 1000$. Cet argent est destiné à l’acquisition d’équipement, de matériel et de ressources d’enseignement, comme le développement d’un site Web, des cours de développement professionnel ou tout autres outils qui pourront aider à améliorer l’expérience d’apprentissage des étudiants. L’école Marguerite-Bourgeoys recevra aussi un certificat en reconnaissance de son appui et de sa contribution aux réalisations de Mme Jolicoeur.

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