Un concert de haute tenue
On oublie parfois d’admirer l’élégance vestimentaire de l’artiste. Or, sur ce point Vanessa Husaruk est toujours impeccable dans ses robes longues et simples aux tissus ouvragés. Du glamour, de la tenue, rien d’ostentatoire mais remarquable…
À l’image de son interprétation toujours aussi sensible dans le pianissimo et volontaire dans le fortissimo. Vanessa propose dans les œuvres qu’elle programme une lecture toujours différente, convaincante même, de sa vision pas seulement de l’œuvre, mais aussi du compositeur.
Bref, Vanessa Husaruk ne se laisse jamais aller dans les clichés. Ainsi, avec des compositeurs aussi courants que Beethoven ou Tchaïkovsky, elle arrive encore à surprendre son auditoire, en lui faisant redécouvrir des pages musicales qui semblaient acquises, inscrites au panthéon musical.
Sa Sonate n° 3 de Beethoven (opus 12), une œuvre de jeunesse du géant de Bonn, mêlait l’enthousiasme enfantin et la profondeur inquiète de son créateur. Parfois saccadée, enfantine, presque primesautière avec un deuxième mouvement plus intériorisé et un troisième mouvement enjoué.
Pour Tchaikovsky, Vanessa Husaruk a choisi d’exprimer les émotions plus intimes des œuvres en proposant pour Méditation, une mélodie un peu triste, nostalgique plutôt, illustrant bien Piotr Illich Tchaïkovsky. La pièce Scherzo fut interprétée comme une urgence de vivre, quant à Melody, l’artiste laissa toute la place au sentiment amoureux écrit entre les portées de sa partition en jouant cette sonate comme une conversation dansante autour d’un thé…
Des concerts didactiques
Les concerts de Vanessa Husaruk sont toujours des moments de découverte. Tout en caressant dans le sens du poil un public ronronnant avec des œuvres reconnues du répertoire, Vanessa sait concevoir une programmation originale et invitante en proposant des œuvres moins courues, mais tout aussi passionnantes à entendre.
Son Thème et Variations d’Olivier Messiaen était du lot le 21 février dernier au Conservatoire de musique de Montréal. Elle a littéralement, visiblement presque, fait vibrer son violon sur les gammes du compositeur contemporain, rendant les paysages sonores de Messiaen quasi tactiles, et surtout extrêmement mélodiques dans une époque musicale où la mélodie semble accessoire. Bravo !
En ce qui concerne la Sonate pour violon et piano (opus 134) de Dimitri Chostakovitch, le quatrième compositeur invité à la table de son violon, Vanessa est allée chercher toutes les possibilités de son instrument pour faire apparaître la richesse musical de cet autre compositeur russe.
Cette œuvre fut une réelle découverte entre les doigts de Vanessa Husaruk : les premières notes du piano de Renée Lavergne plantaient un décor dans lequel évoluait le chant grave du violon. Plus enjoué, le deuxième mouvement restait torturé, intense. Enfin, le troisième mouvement offrait une musique à l’état brut, presque brutale. Un réel plaisir auditif et imaginatif.
Dix DVD à son actif
Vanessa Husaruk produit »à compte d’auteure » pourrait-on dire, des DVD de certaines de ses interprétations. Elle vient ainsi d’ajouter à ce répertoire les concerti pour violon de Sir William Walton, et d’Alban Berg.
Maître d’œuvre de sa propre carrière, Vanessa Husaruk produit cette collection à vocation essentiellement professionnelle pour développer contrats et concerts. À défaut – et dans l’attente – d’un CD, ces DVD restent disponibles auprès de l’artiste via son site internet.
Le prochain récital de Vanessa Husaruk se tiendra en juin prochain à la salle Tanna-Schulich du Pavillon de musique Strathcona de l’Université McGill, au 555, rue Sherbrooke Ouest à Montréal.
Toutes les infos sur www.vanessahusaruk.com