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Esso tarde à décontaminer sa raffinerie

Lorsque la raffinerie de pétrole appartenant à l’Impériale (Esso) a fermé ses portes en 1985, les élus et citoyens de l’époque étaient loin de se douter que 29 ans plus tard, une bonne partie des sols de la plus vieille raffinerie de Montréal-Est seraient toujours contaminés et inutilisables. Une situation que selon le maire Robert Coutu, met un frein au développement économique de la ville.

« Il y a beaucoup de compagnies qui seraient intéressées à venir s’installer dans notre ville, mais aussitôt qu’ils apprennent que les terrains sont contaminés, ils font demi-tour, signale M. Coutu. C’est frustrant pour les citoyens et c’est frustrant pour moi, car je sais que l’arrivée de nouvelles industries ferait du bien à l’économie de notre ville. »

Présentement, L’Impériale verse une somme de 2 M $ par année en taxes foncières à la ville, ce qui selon le maire, pourrait être facilement doublé ou triplé si les deux terrains de 14 millions de pieds carrés occupés par la compagnie, étaient entièrement revalorisés et utilisés par d’autres entreprises.

« J’ai rencontré des entrepreneurs d’un peu partout à travers le monde qui seraient prêts à investir à Montréal-Est, mais ils sont toujours réticents lorsqu’ils savent que des terrains sont contaminés, explique le maire. Malheureusement, je n’ai aucun outil [légal]qui me permet d’appeler Esso pour leur exiger qu’elle me fournisse un plan de décontamination, comme nous l’avons fait avec Shell. »

En effet, puisque L’Impériale n’est pas assujettie à l’article 31.51 de la loi sur la qualité de l’environnement, l’entreprise n’est pas tenue de fournir un plan de réhabilitation des terrains contaminés.

« Lorsque Esso a quitté en 1985, cet article de loi n’existait pas, signale M. Coutu. Shell a dû le faire en 2003, car selon la loi adoptée en 2002, lorsqu’une compagnie cesse définitivement d’exercer une activité industrielle elle est tenue de faire une étude et de fournir un plan de décontamination dans un délai imposé par le gouvernement. »

Un exemple à suivre

Pour ce qui est de la compagnie Shell, la situation est différente. Le 27 juin 2011, le plan de décontamination de 60 M$ proposé par Shell a été approuvé par le gouvernement Charest.

« Je rencontre les porte-paroles de Shell à tous les mois, révèle le maire. Ils me font un compte-rendu du processus de décontamination et tout va bon train. Selon moi, tout devrait être terminé d’ici 2017. »

Si le maire est satisfait de la gestion de Shell, il est tout aussi mécontent du « manque de collaboration de la part de Esso. »

« C’est difficile de savoir ce qu’ils prévoient faire car il y a un manque flagrant de communication, soutient le maire. Ils ne nous appellent jamais, ça fait des années que rien ne se passe sur leurs terrains, alors oui, je suis un peu fâché après Esso mais je n’y peux rien. »

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