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Mère désespérée à PAT

Trois heures de transport en commun par jour sont imposées à un élève de Pointe-aux-Trembles qui doit fréquenter une école spécialisée à Saint-Laurent en raison de problèmes de dyslexie sévères. La Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) refuse de lui accorder un transport scolaire parce qu’il est au secondaire.

Kevin Paquette, âgé de 13 ans, doit se réveiller à 5 h du matin à tous les jours pour pouvoir être certain d’arriver à temps pour ses cours de 8 h. Il doit traverser la ville en prenant deux autobus et en faisant deux transferts de métro avant d’arriver à sa destination.

« Je trouve cette situation insupportable et inacceptable, proteste la mère Chantal Vinet. Je ne peux pas concevoir qu’on laisse des enfants avec des difficultés d’apprentissage et d’attention se promener tout seul dans une ville aussi grande et achalandée que Montréal. »

Mme Vinet craint pour la sécurité de son enfant et précise que plusieurs mères se retrouvent dans la même situation qu’elle.

« C’est la CSPI qui envoie nos enfants étudier à l’autre extrémité de la ville et la seule option que nous avons c’est de débourser un montant outrageux pour qu’il puisse prendre la navette, qui passe déjà chaque jour en avant de notre édifice, signale Mme Vinet. On a déjà répondu à une mère de famille que je connais, que si elle n’était pas contente, elle n’avait qu’à garder son enfant à la maison. »

Mme Vinet dit avoir remarqué des changements dans le comportement de Kevin. Il est impatient, fatigué et ne semble pas avoir aucune motivation d’aller à l’école.

« Le décrochage scolaire est de plus en plus présent dans nos écoles, alors je trouve inadmissible qu’on ne facilite pas la tâche aux élèves qui veulent réussir, dit-elle. Comment on demande à un adolescent de 13 ans d’endurer une heure et demie de transport juste pour se rendre à l’école? J’ai peur qu’il ne veuille plus y retourner. »

Kevin, de son côté, admet se sentir de plus en plus fatigué. Il indique que les journées se font difficiles et qu’il a moins de temps pour faire ses devoirs.

« Je dois faire beaucoup d’efforts pour réussir à me lever le matin. Quand j’arrive à l’école je me sens épuisé, dit-il. J’aimerai beaucoup pouvoir reprendre la navette comme je faisais l’année passée, ça serait plus simple et ça m’aiderait beaucoup. »

Un refus catégorique

Christiane St-Onge, directrice des communications de la CSPI, déclare qu’il est impossible pour un élève du secondaire d’utiliser le transport scolaire.

« Ça a tout le temps été comme ça et ça ne changera pas. Il s’agit d’un enfant dyslexique, je ne comprends pas qu’est-ce qui l’empêche d’aller à l’école en métro comme tout le monde, dit-elle. C’est aux parents d’assurer le transport de leurs enfants au secondaire, ça fait des années que ça fonctionne comme ça. »

Mme Vinet déplore le manque de compréhension de la part de la CSPI et ajoute que s’il le faut, elle ira cogner des portes au gouvernement.

« J’irai voir Nicole Léger s’il le faut, mais ça ne peut pas continuer à se passer comme ça sans une raison valide, dit-elle. Je vais continuer à me battre pour mon enfant aussi longtemps qu’il le faudra. »

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